Amine Maamri: « Le dynamisme du marché boursier profite à l’économie, mais pas aux TPME »

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Amine Maamri, Directeur de CDG Capital Bourse, et Pdt de l'Association professionnelle des sociétés de bourse

Le marché boursier marocain est en extase, à la grande satisfaction des entreprises cotées. Cet essor crée une avalanche d’opportunités pour de nombreux segments de l’économie nationale, excepté les très petites et moyennes entreprises (TPME), qui n’en tirent aucun dividende.

Alors que le marché boursier marocain connaît une période de forte dynamique, soutenue par une augmentation des volumes de transactions et de nouvelles cotations, les très petites et moyennes entreprises (TPME) restent largement en marge de cette effervescence. Ces dernières, qui forment l’épine dorsale du tissu économique national, peinent à bénéficier des retombées positives de cette performance exceptionnelle.

Pourtant, ce ne sont pas les opportunités liées à cet entrain qui manquent. En effet, le dynamisme boursier actuel a un impact significatif sur l’économie marocaine. Amine Maamri, directeur général de CDG Capital Bourse, souligne que «le marché boursier permet aux entreprises d’accéder à des financements importants via l’émission de nouvelles actions ou d’obligations, ce qui soutient directement la croissance, l’innovation et la création d’emplois». Ce flux de capitaux favorise également le financement de projets structurants et renforce la compétitivité des grandes entreprises.

Par ailleurs, la Bourse contribue à améliorer la transparence et la gouvernance des entreprises cotées, ce qui participe à la création d’un environnement propice à la confiance des investisseurs. «Les investissements étrangers, attirés par un marché solide et bien régulé, apportent des ressources précieuses qui stimulent la croissance des secteurs stratégiques, tels que les technologies ou les énergies renouvelables», ajoute Maamri.

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Cependant, cette dynamique économique profite peu aux TPME. «Les barrières à l’entrée pour les petites structures restent considérables: des coûts élevés de cotation, un manque de transparence et des exigences administratives complexes freinent leur accès au marché boursier», explique Maamri.

En outre, la taille critique et la maturité financière requises pour une introduction en bourse dépassent souvent les capacités des TPME, qui privilégient dès lors des financements plus accessibles, tels que les prêts bancaires. Ces facteurs contribuent à les marginaliser sur un marché largement dominé par les grandes structures.

Inverser la tendance

Pour inverser cette tendance et attirer davantage de TPME, plusieurs réformes sont nécessaires. Amine Maamri, qui est aussi le président de l’Association professionnelle des sociétés de bourse (APSB) propose, notamment, d’offrir des incitations spécifiques aux TPME, comme des réductions sur les frais de cotation ou des subventions pour alléger les coûts liés à une introduction en bourse. Il prône également la création d’une plateforme dédiée aux petites entreprises au sein de la Bourse de Casablanca, assortie de règles simplifiées adaptées à leur taille et à leurs besoins.

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La sensibilisation et l’accompagnement des dirigeants de TPME jouent aussi un rôle crucial. «Il est indispensable d’organiser des programmes de formation et des ateliers éducatifs pour aider ces entreprises à comprendre les opportunités offertes par la Bourse», souligne Maamri. La mise en avant d’exemples réussis et de témoignages d’entreprises ayant bénéficié de la cotation pourrait également encourager d’autres à suivre le même chemin.

Enfin, l’instauration d’incitations fiscales et la création de fonds d’investissement dédiés pourraient considérablement stimuler l’intérêt des TPME. Ces fonds permettraient de mobiliser des ressources spécifiques pour soutenir les entreprises dans leur transition vers une économie boursière. De plus, des instruments financiers adaptés, tels que des obligations convertibles ou des actions à faible valeur nominale, pourraient offrir des options de financement souples et attractives pour les petites entreprises.

En adoptant ces réformes, le marché boursier marocain pourrait devenir un levier inclusif, permettant aux TPME de jouer pleinement leur rôle de moteur de croissance et d’innovation. Ce changement favoriserait non seulement une meilleure intégration de ces entreprises, mais contribuerait également à une croissance économique durable, bénéfique pour l’ensemble du pays.

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