Le procès de Saïd Naciri, ancien président du club sportif Wydad et du Conseil préfectoral…
Latifa Raafat se dit visée par des menaces de la part des supporters du Wydad (vidéo)
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La chanteuse Latifa Raafat a affirmé être la cible de menaces explicites émanant, selon ses propos, de supporters du Wydad de Casablanca.
Dans une sortie chez le youtubeur Touhfa, la chanteuse marocaine Latifa Raafat a révélé en pleurs craindre pour sa sécurité et celle de sa fille, affirmant qu’elle évite désormais de se rendre à Casablanca, et redoute même de sortir en public.
«Je n’ose plus sortir»
«On m’a menacée de mort, d’agression physique et de vandalisme. Ma voiture pourrait être détruite. Je ne me sens plus en sécurité», a-t-elle confié avec émotion.
Raafat attribue cette campagne d’intimidation à une frange du public wydadi, qu’elle accuse d’avoir été «conditionnée» contre elle, à la suite d’accusations l’impliquant indirectement dans les déboires judiciaires de l’ancien président du club, Saïd Naciri.
Le spectre du scandale «Escobar»
Le nom de Latifa Raafat est réapparu dans le procès en cours de Saïd Naciri, ex-président du Wydad et figure centrale dans l’affaire «Escobar du Sahara». Ce dossier explosif mêle trafic de drogue, corruption et figures influentes du sport et de la politique. Dans ses dernières déclarations, Naciri a fait allusion à la relation passée entre Raafat et son ex-mari, Haj Ahmed Ben Brahim, dit « le Malien », l’homme dont les confessions à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) sont à l’origine de l’éclatement de l’affaire éponyme.
Face à ces insinuations, Latifa Raafat a tenu à clarifier sa position en affirmant avoir répondu à une convocation de la BNPJ, où elle a fourni un témoignage détaillé sur sa courte vie conjugale avec Ben Brahim, un mariage de près de quatre mois qui s’est terminé par un divorce en 2014.
«Ma relation avec cette affaire se limite à ce lien marital ancien. Je ne suis impliquée dans aucun trafic. Je n’avais connaissance d’aucune activité illégale dans la villa en question à l’époque», a-t-elle précisé.
Silence judiciaire et promesse de révélations
Latifa Raafat explique avoir gardé le silence tout au long du procès par respect pour la justice, mais annonce qu’elle livrera sa vérité une fois la sentence définitive prononcée. Elle évoque notamment de nouveaux éléments qu’elle compte rendre publics, documents à l’appui, et affirme être prête à porter plainte contre toute personne exploitant son nom à des fins malveillantes.
Concernant les enregistrements audio qui lui ont été attribués, largement diffusés sur les réseaux sociaux, l’artiste se montre prudente: «Je m’exprimerai en détail après la fin des enquêtes. Ceux qui ont diffusé ces enregistrements devront répondre de leurs actes devant la justice.»
Appel à la protection royale
Face à la pression croissante, Latifa Raafat en appelle directement à la plus haute autorité du pays, le roi Mohammed VI, ainsi qu’aux institutions de l’État, pour garantir sa sécurité et celle de ses proches. «Je demande protection et justice. Je vis un cauchemar et je ne veux plus rester seule face à cette campagne de haine.»
Cette sortie de Latifa Raafat chez le youtubeur controversé Mohammed Touhfa quelques jours après le lancement par des sympathisants du Wydad d’un hashtag #Justice_pour_Said_Naciri.

Le président le plus titré de l’histoire du Wydad et du football marocain a réussi à inverser la vapeur auprès de l’opinion publique dans un témoignage dense et offensif lors de sa comparution devant le juge Ali Torchi.
Accusations de Naciri à l’encontre de Latifa Raafat
Au cours de l’audience du 25 avril, Naciri avait porté des accusations contre Latifa Raafat, affirmant qu’elle aurait fait des déclarations «contradictoires» devant la police judiciaire.
Ces déclarations concernent notamment l’utilisation présumée d’une villa située dans le quartier de Californie, où elle résidait lors de son mariage avec le fameux «Escobar du Sahara» (Haj Ahmed Ben Brahim), villa qui aurait servi à l’organisation de soirées et à la consommation de cocaïne.
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Lors de l’audience du 18 avril, Naciri avait affirmé que sa propre relation avec l’«Escobar du Sahara» remonte à 2013, lorsqu’il préparait un Forum international des oasis à Zagora, sa ville natale.
Réplique de Naciri à l’ex-épouse de l’Escobar du Sahara
À cette occasion, le «Malien» l’aurait contacté pour lui demander d’assister à l’événement en compagnie de Latifa Raafat, qui est montée sur scène lors de cette manifestation.
«Quand je lui ai demandé s’il la connaissait, il m’a répondu: c’est la célèbre artiste, j’ai une relation avec elle», a précisé Naciri, insinuant que leur lien datait déjà d’avant cette manifestation publique.
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Toujours selon Naciri, un témoin aurait confirmé cette version en déclarant que le trafiquant malien avait tenté d’organiser une soirée privée dans une suite hôtelière à Rabat, sollicitant la participation de Latifa Raafat ou de Samira Saïd. Raafat aurait décliné l’invitation, préférant organiser l’événement chez elle.
Le procès ne fait que commencer
«Elle les a invités chez elle au lieu de l’hôtel, et ils ont accepté», a ajouté Naciri, rapportant les propos du témoin. Peu après, selon ses dires, la chanteuse aurait invité Ahmed Ben Brahim à son propre anniversaire, contredisant ainsi sa version initiale selon laquelle elle ne l’aurait connu qu’à l’occasion du gala à Zagora.
Lire aussi: Affaire “Escobar du Sahara”: Saïd Naciri brise le silence et contre-attaque
Entre révélations explosives, accusations croisées et documents à l’appui, Saïd Naciri joue sa défense sur tous les fronts. Face à la justice, l’ex-dirigeant politique tente de faire basculer un dossier aussi tentaculaire que sensible, où s’entrelacent pouvoir, célébrité, sport et narcotrafic. Le procès, lui, ne fait que commencer.
Les enregistrements du mal
Pour rappel, Latifa Raafat avait comparu en mai 2024 devant le juge d’instruction à la Cour d’appel de Casablanca après avoir déposé plainte contre le journaliste Driss Ferhane et plusieurs autres personnes, à la suite de la fuite d’enregistrements audio en lien avec l’affaire Escobar du Sahara.
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L’ex-épouse de Haj Ahmed Ben Brahim, aurait été victime de chantage de la part de ce « journaliste » établi en Italie, qui aurait tenté de l’extorquer de millions de dirhams.
L’affaire Escobar révèle une nouvelle fois les liens troublants entre célébrité, pouvoir et justice dans le Maroc contemporain. Le procès de Saïd Naciri, toujours en cours, pourrait encore dévoiler de nouveaux rebondissements aux répercussions explosives.
