Le ministère de l'Intérieur a décidé d'activer une poursuite judiciaire contre M. Mohamed Ziane à…
Mohamed Ziane saisit la Cour de cassation: «Je préfère mourir debout que vivre à genoux»
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Condamné en appel à trois ans de prison ferme, Me Mohamed Ziane annonce ce jeudi avoir déposé un pourvoi en cassation contre la décision rendue le 7 mai 2025 par la chambre des crimes financiers près la Cour d’appel de Rabat.
À travers un communiqué signé par son avocat Me Ali Reda Ziane, diffusé ce jeudi, «l’ancien ministre des Droits de l’Homme et coordinateur national légitime du Parti marocain libéral, Me Mohamed Ziane, annonce avoir déposé un pourvoi en cassation contre la décision rendue le 7 mai 2025 (dossier n°23/2626/2024)».
Dans cette déclaration, Mohamed Ziane réaffirme son innocence, affirmant n’avoir cessé de contester toutes les accusations portées contre lui tout au long de l’enquête, de l’instruction et des deux degrés de jugement. Il qualifie le pourvoi de «choix de principe», refusant de reconnaître, même implicitement, les faits qui lui sont reprochés.
Dans un ton grave, Ziane déclare: «Je préfère mourir en prison plutôt que de me soumettre à l’injustice», ajoutant avec fermeté: «Je préfère mourir debout que vivre à genoux».
L’ancien bâtonnier sait que cette procédure pourrait prolonger son incarcération, notamment en rendant impossible la confusion de peines –qui pourrait déboucher sur une sortie de prison en novembre prochain–, mais il l’assume pleinement, déclarant que «la défense de la vérité est plus précieuse encore que la liberté», citant à l’appui le verset coranique «Et la vérité se manifesta, et ce qu’ils faisaient fut réduit à néant» (Sourate Al-A’raf, verset 118).
Ziane, qui purge actuellement une peine de trois ans de prison dont il a écopée dans une autre affaire jugée en 2022, portant sur 11 chefs d’accusation, appelle ainsi, avec une insistance marquée, à sa libération immédiate, se déclarant victime d’une «injustice manifeste» et d’un «préjudice grave».
La Cour d’appel de Rabat a réduit, dans une décision rendue aux premières heures du jeudi 8 mai, la peine prononcée contre l’avocat de 5 à 3 ans de prison ferme.
La Cour a reconnu l’ancien ministre des Droits de l’homme coupable de «détournement et dilapidation de fonds publics». Ce jugement, prononcé au bout d’une audience marathon de plus de 12 heures, intervient dans un climat très tendu, marqué par une polarisation entre appels à un durcissement des peines et demandes pressantes de libération, émanant notamment d’organisations nationales et internationales de défense des droits humains.
Ziane fait l’impasse de la confusion des peines
Mohamed Ziane, 82 ans, figure controversée mais incontournable de la scène politique marocaine, fait donc le choix de rater l’occasion de quitter la prison dans quelques mois (novembre 2025). Certains observateurs considèrent ces accusations comme étant étroitement liées à son engagement critique envers les autorités.
Des ONG, dont l’Instance marocaine de soutien aux détenus politiques (HIMAM), ont mis en garde à plusieurs reprises contre la dégradation de l’état de santé de Ziane. Souffrant de maladies chroniques, dont une spondylarthrite ankylosante (SPA) et des pathologies cardiaques, il avait été victime d’un malaise grave lors d’une audience en décembre 2024, nécessitant une intervention médicale urgente.
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La poursuite de sa détention est jugée par ses soutiens comme «dangereuse pour sa vie», d’autant plus que le traitement médical qui lui est assuré en prison reste insuffisant selon les dires de son avocat Me Ali Reda Ziane dans une sortie médiatique récente chez le journaliste Hamid Mahdaoui.
Sa détention a renforcé l’inquiétude de nombreuses ONG sur une instrumentalisation de la justice à des fins politiques, dans un contexte où le recul des libertés publiques au Maroc est régulièrement pointé du doigt. D’autant plus que le montant «détourné» (près de 120.000 dirhams) a été remboursé au ministère de l’Intérieur et que «seule la Cour des comptes» est la juridiction habilitée à statuer constitutionnellement dans ce genre d’affaires liées aux finances des partis politiques.
