Affaire Mustapha Lakhsem: le juge d’instruction reporte l’interrogatoire détaillé

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Fès : Report de l’interrogatoire de Mustapha Lakhsem, accusé de détournement de fonds publics
Mustapha Lakhsem, président de la commune d’Imouzzer Kandar. ©DR

Le juge d’instruction près la cour d’appel de Fès a décidé, ce lundi 19 mai, de reporter l’interrogatoire détaillé de Mustapha Lakhsem, président du Conseil communal d’Imouzzer Kandar (province de Sefrou), au lundi prochain.

Ce report intervient à la demande de la partie plaignante, représentée par quatre membres du même conseil communal, qui ont déposé une plainte auprès du procureur général.

Lakhsem fait l’objet de graves accusations portant sur le détournement présumé de fonds publics et la falsification de documents officiels, en lien avec des irrégularités supposées dans la gestion du dossier des agents contractuels temporaires.

Lors de l’audience du lundi dernier, le juge d’instruction avait ordonné la fermeture des frontières à l’encontre de l’ancien champion du monde de kick-boxing.

Il a également décidé, à la fin de l’instruction préalable, de poursuivre le concerné en liberté provisoire moyennant une caution de 20.000 dirhams, en attendant la poursuite de l’instruction détaillée.

Des élus accusent Lakhsem…

À l’origine de cette procédure, une plainte déposée par les quatre conseillers communaux auprès du procureur général du Roi près la cour d’appel, dénonçant des irrégularités qu’ils ont qualifiées de graves dans l’administration de la commune, notamment en matière de recrutement d’agents temporaires et de gestion budgétaire.

Les plaignants reprochent à Lakhsem d’avoir procédé à des recrutements irréguliers, voire fictifs, et d’avoir accordé des rémunérations à des personnes qui n’exerceraient aucune fonction effective au sein de la collectivité, ce qui constituerait un détournement de fonds publics.

Mustapha Lakhsem se défend

Face à la montée des tensions et aux critiques répétées, Mustapha Lakhsem avait annoncé, le 19 mars, sa volonté de démissionner de la présidence de la commune. Dans une vidéo publiée sur son compte Instagram, il a évoqué un «blocage systématique» qui aurait freiné tous les projets structurants prévus pour la ville.

«Je suis venu pour travailler et contribuer au développement de ma ville natale, mais certaines autorités se sont mises en travers du chemin», a-t-il déclaré, déplorant: «elles croient me nuire personnellement, mais en réalité, elles font obstacle à la ville elle-même».

Il a ajouté vouloir remettre officiellement sa démission le 1er octobre prochain, après la finalisation des projets en cours et la résolution des litiges judiciaires, assurant vouloir quitter ses fonctions «l’esprit tranquille et les mains propres».

La prochaine étape judiciaire, prévue pour le 19 mai, pourrait s’avérer cruciale. Le juge d’instruction devrait poursuivre l’interrogatoire détaillé de Lakhsem et examiner les preuves avancées. Si les faits sont confirmés, d’autres responsables communaux ou administratifs pourraient être à leur tour inquiétés par la justice.

Lakhsem rejette les accusations

A la suite de la décision du juge d’instruction de fermer les frontières à son encontre, Mustapha Lakhsem n’a pas tardé à réagir publiquement.

Lakhsem a contesté en public la décision judiciaire dans une vidéo diffusée sur son compte Instagram. Le président de la commune d’Imouzzer Kandar y exprime son incompréhension et son indignation. «Je ne comprends pas pourquoi le juge a pris cette décision… Je ne suis pas un voleur, je voulais juste servir mon pays sincèrement», déclare-t-il.

 

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Lakhsem souligne que cette mesure lui cause un préjudice professionnel, expliquant qu’il est régulièrement amené à voyager entre le Maroc et l’Europe pour des raisons liées à ses activités.

L’ancien champion du monde de kick-boxing précise également que son équipe juridique va introduire un recours contre la décision du juge d’instruction, dans l’attente d’un réexamen du dossier.

Cette déclaration intervient dans un contexte tendu, alors que le président de la commune d’Imouzzer Kandar avait déjà annoncé, en mars dernier, sa décision de quitter la présidence de la commune, dénonçant un «blocage politique orchestré par les autorités» qui aurait paralysé plusieurs projets locaux.

L’homme, qui s’est forgé l’image d’un “maire anti-corruption” qui lutte contre ce qu’il appelle “les pratiques douteuses”, avait pour rappel perdu sa majorité (l’opposition possède 17 sièges sur un total de 28), et depuis, ses problèmes avec les élus n’ont pas cessé. Affaire à suivre…

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