Le procureur général de l’État espagnol, José Manuel Maza, instigateur des poursuites contre les dirigeants…
En Espagne, l’étau se resserre autour du procureur général
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La perspective d’un procès se rapproche pour le procureur général en Espagne, Álvaro García Ortiz, accusé de fuites judiciaires dans une affaire qui embarrasse le gouvernement, un magistrat ayant estimé disposer de suffisamment d’éléments pour le renvoyer devant un tribunal.
Dans une ordonnance judiciaire consultée par l’AFP, le juge du Tribunal suprême Ángel Luis Hurtadoa a assuré lundi que les « indices » d’une violation du secret de l’instruction par M. García Ortiz avaient été « confirmés » par « l’enquête réalisée au cours des derniers mois ».
Il a donné dix jours à l’accusation comme à la défense pour introduire un recours ou formuler des observations, dernière étape avant le renvoi devant un tribunal du plus haut magistrat du parquet, nommé en août 2022 sur proposition du gouvernement du socialiste Pedro Sánchez.
Álvaro García Ortiz avait été mis en examen le 13 janvier par le juge Hurtado, une procédure sans précédent dans l’histoire judiciaire espagnole. Ce dernier avait alors évoqué un « faisceau d’indices suffisant pour envisager (sa) participation » à cette fuite d’informations.
Cette mise en examen avait suivi la publication par plusieurs médias d’un projet d’accord de plaider-coupable passé entre le parquet et l’homme d’affaires Alberto González Amador, compagnon d’Isabel Díaz Ayuso, figure du Parti populaire (droite) et opposante acharnée au gouvernement Sánchez.
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González Amador, qui conteste les faits, est soupçonné d’avoir fraudé l’administration fiscale espagnole entre 2020 et 2021 à la tête de son entreprise, qui effectuait des prestations de services de santé et qui a vu ses revenus gonfler pendant le Covid-19.
Cette affaire complexe a donné lieu à de vives passes d’armes ces derniers mois entre le gouvernement et Isabel Diaz Ayuso, qui a dénoncé une persécution « sauvage » et accusé l’entourage du Premier ministre Pedro Sánchez d’avoir organisé ces fuites judiciaires pour la décrédibiliser.
Dans son ordonnance, le juge Hurtado estime quant à lui qu’Álvaro García Ortiz a « donné une publicité qu’il n’aurait pas dû » à cette affaire en faisant fuiter un courriel à caractère « confidentiel », conformément à « des indications reçues » des services du Premier ministre.
Cette action « a fragilisé le prestige » du parquet et pourrait « avoir des effets préjudiciables » sur les droits de la défense, estime le magistrat, qui accuse le procureur d’avoir volontairement effacé des messages sur son téléphone pour cacher les traces de ses échanges avec ses interlocuteurs.
« Aucune base probante »
Interrogé lundi par des journalistes, le ministre de la Justice Felix Bolaños a dit « maintenir pleinement (sa) confiance » à M. García Ortiz et « nié catégoriquement » le fait que le gouvernement ait demandé au procureur de faire fuiter ce courriel.
« Cela n’est jamais arrivé et je regrette profondément que le Tribunal suprême fasse une affirmation aussi grave sans aucune base probante », a-t-il dit.
Dans une courte déclaration transmise à la presse, le parquet général a lui assuré qu’Álvaro García Ortiz allait « continuer à défendre l’action et l’intégrité de l’institution qu’il représente » et réitérait « son innocence concernant les faits qui font l’objet de l’imputation dans cet arrêt ».
Cette affaire vient fragiliser un peu plus Pedro Sánchez et son gouvernement, accusés de corruption par le Parti populaire, qui a fait descendre plusieurs dizaines de milliers de personnes dimanche à Madrid au cri de « Sánchez démission ».
Plusieurs enquêtes ont été ouvertes ces derniers mois contre l’entourage du Premier ministre, dont son épouse Begoña Gomez, son ex-bras droit José Luis Ábalos et son frère David Sánchez, responsable du spectacle vivant à Badajoz (sud-ouest), qui sera jugé pour trafic d’influence.
« Il est temps que le procureur général de l’État et celui qui lui donnait des instructions s’en aillent », a insisté lundi sur le réseau X Alberto Nuñez Feijóo, chef de file du parti conservateur, qui a dénoncé « des faits sans précédents dans l’histoire démocratique espagnole ».
