Le tribunal de première instance de Rabat a reporté, ce lundi, la première audience du…
El Mahdaoui vs Ouahbi: le dossier mis en délibéré, le jugement fixé pour le 30 juin
Publié le
La Cour d’appel a décidé de mettre en délibéré l’affaire du journaliste Hamid El Mahdaoui, directeur de publication du site Badil.info, poursuivi à la suite d’une plainte déposée par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi.
Le jugement final sera rendu le 30 juin, à l’issue d’une audience qualifiée de décisive, durant laquelle les avocats des deux parties ont présenté leurs plaidoiries finales.
En première instance, en novembre dernier, El Mahdaoui avait été condamné à un an et demi de prison ferme, ainsi qu’au versement de 1,5 million de dirhams à titre de dédommagement au ministre plaignant. Il était poursuivi pour diffusion d’allégations et faits mensongers, diffamation, injure publique, sur la base de plusieurs articles du Code pénal.
Selon sa défense, ce procès s’inscrit dans le cadre d’une campagne de harcèlement systématique qui viserait le journaliste depuis plus d’un an. Le ministre a en effet déposé cinq plaintes successives contre lui, tandis que le renouvellement de sa carte de presse professionnelle aurait été refusé, ce que son entourage dénonce comme une tentative manifeste de le pousser à abandonner sa ligne éditoriale critique.
Le parquet requiert une lourde peine
Le représentant du Ministère public a requis, lundi soir, l’application stricte du code pénal, insistant sur une intention criminelle manifeste dans les déclarations du journaliste à l’encontre du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi.
Le parquet a notamment évoqué les propos d’El Mahdaoui concernant une voiture de luxe offerte par Hind El Achchabi (ex-dirigeante du groupe Dalia Developpement) à Me Ouahbi (son avocat, NLDR), évoquant à ce sujet des soupçons de fraude fiscale.
Lire aussi. Hamid El Mahdaoui visé par deux nouvelles plaintes d’Abdellatif Ouahbi
Selon l’accusation, ces révélations constitueraient une atteinte à la vie privée du ministre et une violation du secret professionnel, dans la mesure où elles relèveraient de sa fonction d’avocat à l’époque.
En outre, la référence par El Mahdaoui à un dossier judiciaire portant sur 45 millions de dirhams – lié à un contentieux entre la société Wana et Maroc Telecom, et dans lequel Me Ouahbi était avocat – a également été retenue comme preuve de diffamation et de calomnie.
Ouhabi réclame 10 MDH de dommages et intérêts
La partie civile, représentée par les avocats de Ouahbi, a soutenu cette position. Elle a réclamé, une nouvelle fois, 10 millions de dirhams à titre de dommages et intérêts, somme déjà exigée en première instance.
Pour le parquet, ces éléments illustrent une volonté délibérée de nuire à l’image du ministre. Les propos d’El Mahdaoui iraient au-delà de la liberté d’expression et constitueraient une violation flagrante des lois encadrant le journalisme et la vie privée.
