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Maroc-Espagne: un réseau de passeurs transportait migrants et drogue sur les mêmes pateras
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En Espagne, la police, en collaboration avec Europol, a démentelé un important réseau criminel qui utilisait des méthodes de « cargaisons mixtes » pour transporter clandestinement migrants et drogues à partir du Maroc.
Ce réseau criminel serait responsable de l’entrée illégal d’au moins 200 migrants d’origine marocaine sur le territoire espagnol. Selon les estimations de la police, le trafic de personnes à lui seul aurait généré des profits de plus de 2,5 millions d’euros pour cette organisation.
Les migrants se voyaient proposer un « pack complet » pouvant coûter jusqu’à 14.600 euros, soir 153.000 DH. Ce forfait incluait le transport et l’hébergement depuis le Maroc jusqu’à l’Espagne, voire d’autres pays européens, explique un communiqué de la police espagnole.
L’opération a permis l’arrestation de huit personnes (quatre à Algésiras, trois à sebta et un suspect à Ibiza). Trois d’entre eux ont été placées en détention provisoire. A l’issue de six perquisitions, les autorités ont saisi 22 kg de hachisch et 10.800 comprimés de clonazépam, dont la combinaison produit le karkoubi, également connu sous le nom de « drogue des pauvres ».
Les forces de l’ordre espagnoles ont également confisqué 47.000 euros en espèces, deux embarcations, cinq véhicules, des bijoux, des bidons d’essence et plusieurs armes blanches.
🚩 Desarticulada, con la colaboración de @Europol, una red #criminal dedicada al tráfico de personas y #drogas entre #Marruecos y #España
🔹Responsables de la entrada clandestina en 🇪🇸 de al menos 200 migrantes de origen marroquí
🔹Ofrecían un “pack completo” por el que… pic.twitter.com/fAY1hIsLO6
— Policía Nacional (@policia) June 19, 2025
L’enquête a révélé l’existence d’une structure transnationale complexe, avec des ramifications au Maroc et en Espagne. Les migrants étaient d’abord hébergés à Fnideq avant d’être acheminés par voie maritime dans des conditions extrêmement dangereuses.
Certaines traversées s’effectuaient à bord d’embarcations de fortune, ou même à la nage, à l’aide de scooters sous-marins pour contourner la surveillance frontalière du Tarajal, dans l’archipel espagnol des Canaries.
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Une fois en Espagne, les migrants étaient clandestinement transportés vers des « appartements sécurisés » à Sebta. Là, ils étaient retenus contre leur gré jusqu’à ce que la totalité du montant convenu pour le voyage soit payée.
Durant cette période d’enfermement, ils vivaient dans des conditions précaires, avec un accès limité à la nourriture et sous la menace constante. Ils n’étaient libérés que lorsque les conditions météorologiques permettaient la traversée vers Algeciras. Le réseau profitait de ces transferts pour transporter simultanément de grandes quantités de stupéfiants.

La dangerosité de ces traversées était accrue par l’utilisation de pateras en fibre pilotées par des personnes inexpérimentées, y compris des mineurs, formés par le réseau lui-même. « Ces bateaux manquaient cruellement de gilets de sauvetage, de dispositifs de navigation ou de toute autre mesure de sécurité, et opéraient souvent dans des conditions météorologiques défavorables. Le nombre de personnes transportées dépassait fréquemment la capacité des embarcations, ce qui, combiné au poids supplémentaire de la drogue, augmentait considérablement le risque de naufrage« , explique le communiqué.
Une structure hiérarchisée
L’organisation criminelle démantelée possédait une structure hiérarchique à trois niveaux. Au sommet se trouvaient deux individus, l’un opérant depuis Ibiza et l’autre depuis Sebta, qui exerçaient le contrôle stratégique et financier des opérations. Ces deux suspects, arrêtés et incarcérés, coordonnaient les routes, établissaient des contacts des deux côtés de la frontière et géraient les paiements des migrants.
Le deuxième niveau était constitué des personnes chargées de la traversée maritime, y compris les mineurs formés comme pilotes et ceux qui guidaient les migrants à la nage.
Enfin, le troisième niveau comprenait les individus qui fournissaient un soutien logistique terrestre. Ils étaient responsables du transport des migrants vers les appartements sécurisés, de leur surveillance, de la garde des stupéfiants et de la collecte des paiements pour la traversée.
