Espagne: le leader de Vox en Murcie poursuivi pour incitation à la haine contre les migrants marocains

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Dérapage xénophobe à Murcie : Vox visé par une plainte pour discours raciste contre les marocains
Le président de VOX dans la Région de Murcie, José Ángel Antelo © Vox

Dans un tournant judiciaire majeur contre les discours de haine en Espagne, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a déposé une plainte contre le leader régional de Vox à Murcie, José Ángel Antelo. Ce dernier est accusé d’avoir incité à la haine contre les migrants, en particulier marocains, lors d’un meeting politique aux relents ouvertement racistes.

Dans un geste fort contre la montée du discours xénophobe en Espagne, le secrétaire régional du PSOE à Murcie, Francisco Lucas, a annoncé avoir saisi le parquet régional pour incitation à la haine. En cause : les propos tenus par José Ángel Antelo, chef de file local du parti d’extrême droite Vox, lors d’un meeting organisé à Torre-Pacheco le week-end dernier.

Sous le slogan évocateur «Défends-toi contre l’insécurité», Antelo a directement associé immigration et criminalité. Devant un public chauffé à blanc, il a déclaré : «Nous ne voulons pas de gens comme ça dans notre pays. Nous les expulserons tous. Il n’en restera aucun».

Attaque frontale contre les droits des migrants

Il a en outre accusé les migrants en situation irrégulière, en particulier ceux originaires du Maroc, d’être responsables d’agressions contre les personnes âgées, les femmes et les homosexuels.

Des propos que le PSOE considère comme une attaque frontale contre les droits fondamentaux et la dignité des migrants, notamment marocains, nombreux à travailler dans l’agriculture murcienne.

Selon la presse espagnole, les réactions ne se sont pas fait attendre : plusieurs organisations de la société civile et des partis de gauche, dont Podemos, ont dénoncé un discours faisant l’apologie de la violence extrajudiciaire. Des vidéos diffusées par des militants d’extrême droite y appellent même à des «chasses aux migrants», alimentant un climat de peur dans les quartiers populaires.

Podemos a lui aussi annoncé son intention de porter plainte, élargissant la responsabilité à Santiago Abascal, le chef national de Vox.

Le PSOE, dans un communiqué ferme, a souligné que «la démocratie ne peut tolérer les discours de haine. Ces propos heurtent la Constitution, les conventions internationales et mettent en danger la cohésion sociale.»

Vox et le PP pointés du doigt

Il a également pointé du doigt la droite traditionnelle du Parti populaire (PP), l’accusant de complicité passive avec l’extrême droite en refusant de condamner explicitement de tels discours.

Lire aussi: Espagne: dix personnes interpellées après les violences racistes à Torre Pacheco (Murcie)

Ce nouvel épisode survient dans un climat tendu, où la question migratoire divise l’opinion publique espagnole. Dans des régions comme la Murcie, où des milliers de Marocains travaillent dans les champs (30% d’une population de près de 40.000 âmes sont des Marocains), les migrants restent la cible régulière de campagnes de dénigrement, malgré leur contribution décisive à l’économie locale.

Grande-Marlaska critique l’extrême droite

Le ministre de l’Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, a vivement critiqué hier lundi le rôle de Vox dans les violences survenues ces derniers jours dans la ville de Torre Pacheco, où des actes de violence ont visé des migrants, notamment des Marocains.

Lire aussi. Émeutes en Murcie: Grande-Marlaska accuse Vox d’incitation à la haine contre les Marocains

Affrimant que des groupes organisés ont été mobilisés suite à un incident impliquant un migrant, le ministre a accusé la formation de Santiago Abascal d’alimenter une haine raciste par des discours mensongers.

Dans une interview à l’émission « Hoy por Hoy » sur Cadena SER, relayée par Europa Press, Grande-Marlaska a directement accusé Vox d’être à l’origine d’une rhétorique «mensongère et simpliste» qui aurait «encouragé des actions hors-la-loi».

Il a notamment cité les propos du parti sur «l’immigration criminelle» qui «vole la paix et la prospérité», estimant que ce type de discours attise les tensions raciales et légitime les violences. «C’est la faute de Vox, et c’est la faute des discours comme ceux de Vox», a martelé le ministre, précisant qu’aucun lien n’existe entre criminalité et immigration, selon les statistiques officielles de son ministère. 

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