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Banque au Maroc: explosion de la rentabilité en 2024, les plaintes aussi (rapport BAM)
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Bank Al-Maghrib (BAM) a présenté, ce jeudi à Casablanca, son rapport annuel sur la supervision bancaire couvrant l’année 2024. Il en ressort un bilan contrasté entre solidité financière et vigilance réglementaire.
La 21ᵉ édition du rapport annuel sur la supervision bancaire, présentée ce jeudi 24 juillet par Bank Al-Maghrib, dresse un panorama complet de l’année 2024. Voici ce qu’il faut en retenir.
Malgré un contexte international incertain et les répercussions prolongées des épisodes de sécheresse, l’économie nationale a enregistré une croissance de 3,8 %, appuyée par une inflation contenue à 0,9 %. Dans ce sillage, la banque centrale a assoupli sa politique monétaire, ramenant son taux directeur à 2,5 %, via deux baisses successives en juin et en décembre.
Sur le front des opérations bancaires, les indicateurs affichent une dynamique soutenue. Le crédit bancaire a progressé de 4,6 %, tandis que les dépôts ont crû de 9,2 %, traduisant un regain de confiance des ménages et entreprises.
Le secteur maintient une relative stabilité sur le plan du risque, avec un taux de créances en souffrance fixé à 8,4 % sur base sociale et à 9 % en consolidé.
Dans un climat jugé favorable, les banques conventionnelles enregistrent une hausse de 24,1 % de leurs résultats cumulés, renforçant leur solvabilité. Les banques participatives, elles, atteignent pour la première fois l’équilibre opérationnel.
Les ratios prudentiels sont respectés et dépassés : 16,2 % pour le ratio de solvabilité moyen et 13,5 % pour les fonds propres de catégorie. BAM souligne également le maintien du ratio de liquidité à court terme à un niveau jugé confortable.
Mais derrière ces performances, le régulateur met l’accent sur plusieurs fronts sensibles.
Vigilance sur les fronts climatique et numérique
En premier lieu, l’exposition croissante aux risques climatiques pousse BAM à édicter deux directives précisant les obligations des banques en matière de gestion du risque environnemental. Elle participe également à la mise en œuvre de la stratégie nationale de finance climat à l’horizon 2030.
Sur le volet numérique, le régulateur réforme en profondeur le cadre des établissements de paiement et délivre trois agréments à des sociétés de financement participatif, dont une spécialisée dans le don.
Dans le même temps, la surveillance des cyber-risques est renforcée, en coordination avec la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI).
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Parallèlement, BAM engage des réformes sur les mécanismes de gestion des crises bancaires, finalise un projet de loi relatif à un marché secondaire des créances douteuses et affine son dispositif d’octroi de liquidité d’urgence.
Elle participe aussi à la préparation d’un texte encadrant les cryptoactifs, visant à arrimer le Royaume aux standards internationaux.
Forte progression des plaintes
Enfin, le rapport consacre une attention particulière à la protection des clients. Bank Al-Maghrib dit avoir intensifié ses contrôles sur les pratiques des établissements de crédit, notamment sur l’accessibilité des services bancaires pour les personnes en situation de handicap.
Des mesures de prévention contre les escroqueries financières sont également évoquées.
La Banque centrale relève par ailleurs une forte progression des plaintes enregistrées. Tant au niveau de ses services que de ceux du Centre de médiation interbancaires. Des plaintes qui mettent en cause la qualité des services ainsi que des questions structurelles portant sur le mécanisme des crédits.
Pour résorber ces points de contentieux et rehausser les niveaux de prestation, le régulateur a résolu d’introduire le principe de “mystery shoppers“ dès le second semestre 2025. Ces clients mystères auront une mission d’observation, et les indélicats repérés lors de ces opérations s’exposent à des mesures réglementaires.
En somme, l’année 2024 a été marquée par une forte rentabilité du secteur, mais aussi par un renforcement du cadrage réglementaire faisant suite au niveau élevé d’insatisfaction. Un équilibre entre performance et responsabilité que BAM entend maintenir.
