L’Office des changes a été désigné par le département statistiques des Nations Unies pour conduire…
Cryptoactifs : l’Office des Changes resserre l’étau sur les avoirs non déclarés
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Alors que l’usage des monnaies virtuelles explose au Maroc, l’Office des Changes hausse le ton. Entre notifications adressées aux particuliers et préparation d’un nouveau cadre légal, les autorités veulent reprendre la main sur des flux numériques qui échappent encore au contrôle réglementaire.
Selon des documents consultés par nos confrères Le360, l’Office des Changes a commencé à envoyer des courriers officiels à des résidents marocains soupçonnés d’avoir constitué des avoirs à l’étranger sous forme de cryptoactifs. Ces notifications évoquent des infractions commises entre mars et août 2025, notamment des opérations de cession réalisées au profit d’autres résidents au Maroc via des plateformes internationales.
Les personnes concernées disposent de trente jours pour justifier ces mouvements. À défaut, l’Office prévient qu’il engagera des poursuites contentieuses. Cette démarche vise à freiner l’évasion de capitaux opérée en dehors des circuits bancaires, un phénomène devenu massif avec la démocratisation des plateformes d’échange.
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Ce durcissement intervient dans un contexte où la loi et les pratiques ne coïncident plus. Malgré les rappels réguliers de Bank Al‑Maghrib et de l’AMMC sur l’illégalité des transactions en cryptomonnaies, le Maroc figure parmi les pays les plus actifs du continent.
En 2025, près de six millions de Marocains — environ 16 % de la population — détenaient des cryptoactifs. Une adoption fulgurante, portée par une jeunesse technophile et l’attrait pour la spéculation, mais qui complique la lutte contre le blanchiment et les flux illicites.
Vers un cadre légal clair
Face à l’impossibilité de contenir le phénomène par la seule interdiction, les autorités accélèrent la réforme. L’avant‑projet de loi 42‑25, inspiré des standards européens tels que le règlement MiCA, vise à encadrer les prestataires de services sur actifs numériques, à placer le secteur sous la supervision de Bank Al‑Maghrib et de l’AMMC, et à renforcer la protection des investisseurs face à la volatilité et aux fraudes.
Le Wali de Bank Al‑Maghrib, Abdellatif Jouahri, défend une approche équilibrée : réguler pour sécuriser le système financier sans freiner l’innovation. En parallèle, la réflexion sur une Monnaie Digitale de Banque Centrale se poursuit, signe que le Maroc entend s’approprier les outils financiers de demain.
