Le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué mardi l'ambassadeur de France à Alger pour…
France: Alger proteste contre la suppression de ses privilèges diplomatiques
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Les relations diplomatiques entre Alger et Paris continuent de s’envenimer, marquées par des mesures restrictives réciproques sur fond de divergences concernant les expulsions de ressortissants.
Le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé son étonnement face à une mesure prise par le ministère français de l’Intérieur qui supprime des privilèges diplomatiques pour 80 hauts dignitaires algériens en France. Une riposte graduée qui pourrait précéder la rupture des accords de 1968, laissant Emmanuel Macron face à un choix crucial.
En réaction, le chargé d’affaires de l’ambassade de France en Algérie a été reçu au siège du ministère algérien des Affaires étrangères pour demander des clarifications, annonce Alger dans un communiqué. « Le chargé d’affaires de l’ambassade d’Algérie en France a contacté les services compétents du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères. Les démarches entreprises ont permis d’établir que cette mesure émanait du ministère français de l’Intérieur, et ce, à l’insu du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères », poursuit le texte.
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— وزارة الشؤون الخارجية| MFA-Algeria (@Algeria_MFA) July 24, 2025
Le ministère algérien des Affaires étrangères a qualifié cette mesure « d’atteinte grave au bon fonctionnement de sa mission diplomatique en France et de violation manifeste des dispositions de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, en citant spécifiquement l’article 27, alinéa 7 ».
Côté français, le gouvernement a confirmé l’application de mesures restrictives. La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a indiqué mercredi que le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, était « en train » de restreindre les conditions de déplacement en France d’un « certain nombre de dignitaires algériens ». « Ce n’est que le début, nous pouvons aller encore plus loin »,avertit même l’entourage du ministre de l’Intérieur. Bruno Retailleau affiche clairement son objectif : révoquer les accords de 1968, selon les informations d’Europe 1.
Cette décision fait suite au refus d’Alger de reprendre 120 ressortissants sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). Ces personnes disposent pourtant de papiers en règle pour un retour en Algérie, selon le gouvernement français. Sophie Primas a souligné que « nous sommes dans un rapport de force également avec l’Algérie sur cette question ».
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait déjà exprimé publiquement son intention de durcir le ton vis-à-vis d’Alger. Il a reproché aux autorités algériennes la délivrance de passeports à « des clandestins » et a affirmé son intention d’entraver la circulation des « membres de la nomenclatura » responsables de « dénigrement de la France ». Sophie Primas a confirmé que des mesures visant à « alourdir et rendre plus difficiles » les conditions de déplacement en France pour certains dignitaires algériens étaient en cours.
Par ailleurs, la France a également insisté sur d’autres sujets de préoccupation, tels que la demande de libération de l’écrivain Boualem Sansal et du journaliste Christophe Gleizes.
Face à la situation, l’Algérie a annoncé « sa décision d’appliquer, avec rigueur et sans délai, le principe de réciprocité. Le pays se réserve également le droit de recourir à toutes les voies légales appropriées, y compris la saisine des Nations Unies, pour faire valoir ses droits et assurer la protection de sa mission diplomatique en France ».
