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Mounir El Kadiri cède la chefferie de la Zaouïa Boutchichia à son frère Mouâd
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Dans un geste inattendu au sein de la plus grande confrérie soufie et la plus influente du Maroc, Mounir El Kadiri Boutchich annoncé son retrait de la direction de la Zaouïa Boutchichia. La conduite spirituelle passe désormais entre les mains de son frère Mouâd El Kadiri Boutchich , à qui il a publiquement exprimé son soutien, appelant les fidèles à préserver l’unité et l’harmonie de la voie.
Fils aîné de Jamal Eddine Al Kadiri Boutchich, cheikh de la Tariqa Qadiria Boutchichia, Mounir El Kadiri Boutchich a annoncé, mardi, sa décision de céder la chefferie de la confrérie et d’en confier la conduite « apparente » à son frère Mouâd El Kadiri Boutchich. Il a invité l’ensemble des disciples, hommes et femmes, à se rassembler autour de lui dans un esprit d’amour et de respect, afin de préserver l’unité et la cohésion de la voie.
Dans un communiqué adressé aux fidèles de la Zaouïa, Mounir El Kadiri Boutchich a expliqué que sa décision est intervenue après un temps de prière et de méditation, estimant que l’unité de la famille et de la Tariqa (voie spirituelle) prime sur toute autre considération.
Le président de la Fondation Al Moultaqa, qui avait presque toutes les fonctions de direction même du vivant de son père Cheikh Jamal Eddine Al Qadiri Boutchich, a écrit : «Dieu est témoin que si je prends aujourd’hui la plume, c’est par crainte de la dispersion, et par souci sincère pour la sécurité du navire».
Pour la préservation de l’unité de la Zaouïa
Tout en rappelant que la fonction de cheikh est une responsabilité et non un privilège ou un titre honorifique, il a affirmé qu’après s’être confié à Dieu et « l’avoir consulté dans la prière d’istikhara et l’avoir invoqué, j’ai constaté que préserver l’unité de la famille et de la voie spirituelle est, à mes yeux, plus important que toute autre considération ».
«C’est pourquoi je vous annonce, par amour et par sens du devoir, ma décision ferme et définitive de me retirer de la fonction de cheikh, et de remettre la conduite apparente de la Zaouïa à mon frère Mouâd El-Qadiri Boutchich, lui confiant pleinement cette responsabilité», a-t-il déclaré.
Mounir El Kadiri, qui avait presque toutes les fonctions de direction du temps de son père, dont la présidence de la Fondation Al Moultaqa, a donc choisi de respecter au vrai sens du terme le testament sprirituel qui lui confiait la fonction de guide spirituel pour éviter la division.
L’expression « conduite apparente » est très révélatrice. Elle signifie que Mounir El Kadiri renonce à l’exercice visible et officiel de la fonction de cheikh. Mais en même temps, il ne se retire pas complètement de la vie spirituelle de la Zaouïa : il reste dépositaire du « secret » (as-sirr) et du lien initiatique, conformément au testament spirituel de ses prédécesseurs. Ce choix répond à un impératif d’éviter la fitna (division) dans la confrérie et de préserver l’unité familiale et spirituelle.
En clair, il cède l’autorité publique de la Zaouïa à son frère Mouâd, mais garde l’autorité intérieure que lui confère la transmission soufie.
Gare aux débats et interprétations inutiles
Il a insisté sur la nécessité d’éviter les débats et interprétations inutiles, de ne pas se livrer à des jugements personnels ou à des querelles, soulignant que la voie de la zaouïa repose sur la bienséance, la discrétion et la fidélité. La confrérie, a-t-il affirmé, continuera à servir la religion et la patrie, en restant fidèle aux constantes du Royaume et sous l’autorité de l’Émir des croyants, le Roi Mohammed VI.
Le communiqué s’achève par une prière pour la réussite de son frère, la stabilité de la zaouïa dans sa mission spirituelle, et la sécurité et la foi du Maroc, renouvelant son engagement au service de la voie et de la société.

Rappelons que Cheikh Jamal Eddine El Qadiri Boutchich, guide spirituel de la Tariqa Qadiriyya Boutchichiyya, est décédé vendredi 8 août 2025 à l’âge de 83 ans.
Né en 1942 à Madagh (province de Berkane), il était le fils du défunt Cheikh Sidi Hamza El Qadiri Boutchich. Il lui avait succédé en 2017, en accord avec un testament spirituel datant de 1990.
