Dans un geste inattendu au sein de la plus grande confrérie soufie et la plus…
Zaouïa Boutchichia: Mounir El Kadiri explique sa décision de céder la chefferie à son frère Mouâd (vidéo)
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Dans une sortie médiatique qui vise à mettre fin à un long feuilleton de communiqués et faux communiqués interposés, le désormais ancien guide spirituel de la Tariqa Qadiriya Boutchichia, Mounir El Kadiri Boutchich a affirmé qu’il a décidé de renoncer à la chefferie de la Zaouïa Boutchichia après avoir «constaté un certain morcellement et une division entre les adeptes de la Tariqa».
Le dépositaire du « secret » (as-sirr) et du lien initiatique, conformément au testament spirituel de ses prédécesseurs – son père Jamal Eddine El Kadiri Boutchich, son grand-père Cheikh Hamza et son arrière-grand-père Sidi Abbas El Kadiri Boutchich –, a précisé que sa décision était également motivée par le fait que « cette Tariqa soit devenue un sujet médiatique, tant pour ceux qui comprennent le soufisme que pour ceux qui ne le comprennent pas, ou veulent le déformer ».
Dans sa première intervention médiatique, Mounir El Kadiri Boutchich a expliqué que la Boutchichia « a toujours été une voie universelle basée sur l’écriture et la Sunna, comme le disait Sidi Hamza ».
« J’ai vu que le porteur de ce secret est celui qui rassemble les gens », a-t-il poursuivi, soulignant que l’objectif de la Tariqa Boutchichia « n’est pas politique ou terrestre, nous ne cherchons pas à être cheikhs, mais à être des pauvres (appellation des adeptes de la Zaouïa) devant Dieu ».
La racine de tous les péchés
Mounir El Kadiri Boutchich a insisté sur le fait que « l’amour du pouvoir est la racine de tous les péchés », et a souligné que la voie Qadiriya Boutchichia « doit perdurer, malgré l’épreuve que nous avons traversée (décès de son père Jamal Eddine, guide spirituel de la Tariqa Qadiriyya Boutchichiyya, le vendredi 8 août 2025 à l’âge de 83 ans) ».
Pour lui, quelle que soit l’épreuve, les «pauvres» doivent rester fidèles à leurs valeurs « pour restaurer la dignité et l’autorité de cette tradition et donner un exemple à ceux qui s’y intéressent ». Il a ajouté : « Malgré les attaques contre ce serviteur faible, je ne cherche rien pour moi ; ce qui est pour Dieu perdure et se maintient, ce qui n’est pas pour Lui se termine et s’achève. »
Le fils aîné de Jamal Eddine Al Qadiri Boutchich a conclu : « Nous resterons pauvres et modestes, engagés derrière le Souverain, et ce soutien spirituel et divin continuera d’accompagner la voie Qadiriya Boutchichia ».
Il a également affirmé que les membres de la Boudchichia resteront « obéissants et sous l’autorité d’Amir Al-Mouminine (commandeur des croyants) et de ses choix, que ce soit pour Sidi Mouâd ou pour d’autres ».
Grandeur d’âme et sagesse
Dans un geste inattendu au sein de la plus grande confrérie soufie et la plus influente du Maroc, Mounir El Kadiri Boutchich a annoncé mardi 12 août dernier son retrait de la direction de la Zaouïa. La conduite spirituelle «apparente» est passé depuis cette nuit entre les mains de son frère Mouâd El Kadiri Boutchich, à qui il a publiquement exprimé son soutien, appelant les fidèles à préserver l’unité et l’harmonie de la voie.
Dans un communiqué adressé aux fidèles de la Zaouïa, Mounir El Kadiri Boutchich a invité l’ensemble des disciples, hommes et femmes, à se rassembler autour de lui dans un esprit d’amour et de respect, afin de préserver l’unité et la cohésion de la voie.
Il expliqué que sa décision est intervenue après un temps de prière et de méditation, estimant que l’unité de la famille et de la Tariqa (voie spirituelle) prime sur toute autre considération.
Le président de la Fondation Al Moultaqa, qui avait presque toutes les fonctions de direction même du vivant de son père Cheikh Jamal Eddine Al Qadiri Boutchich, a écrit : « Dieu est témoin que si je prends aujourd’hui la plume, c’est par crainte de la dispersion, et par souci sincère pour la sécurité du navire ».
Préserver l’unité de la Zaouïa Boutchichia
Tout en rappelant que la fonction de cheikh est une responsabilité et non un privilège ou un titre honorifique, il a affirmé qu’après s’être confié à Dieu et « l’avoir consulté dans la prière d’istikhara et l’avoir invoqué, j’ai constaté que préserver l’unité de la famille et de la voie spirituelle est, à mes yeux, plus important que toute autre considération ».
«C’est pourquoi je vous annonce, par amour et par sens du devoir, ma décision ferme et définitive de me retirer de la fonction de cheikh, et de remettre la conduite apparente de la Zaouïa à mon frère Mouâd El-Qadiri Boutchich, lui confiant pleinement cette responsabilité», a-t-il déclaré.
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Mounir El Kadiri a donc choisi de respecter au vrai sens du terme le testament sprirituel qui lui confiait la fonction de guide spirituel pour éviter la division.
L’expression « conduite apparente » est très révélatrice. Elle signifie que Mounir El Kadiri renonce à l’exercice visible et officiel de la fonction de cheikh. Mais il ne se retire pas complètement de la vie spirituelle de la Zaouïa : il reste dépositaire du « secret » (as-sirr) et du lien initiatique, conformément au testament spirituel de ses prédécesseurs. Ce choix répond à un impératif d’éviter la fitna (division) dans la confrérie et de préserver l’unité familiale et spirituelle.
En clair, il cède l’autorité publique de la Zaouïa à son frère Mouâd, mais garde l’autorité intérieure que lui confère la transmission soufie.
Gare aux débats et interprétations inutiles
Il a insisté sur la nécessité d’éviter les débats et interprétations inutiles, de ne pas se livrer à des jugements personnels ou à des querelles, soulignant que la voie de la zaouïa repose sur la bienséance, la discrétion et la fidélité. La confrérie, a-t-il affirmé, continuera à servir la religion et la patrie, en restant fidèle aux constantes du Royaume et sous l’autorité de l’Émir des croyants, le Roi Mohammed VI.
Le communiqué s’achève par une prière pour la réussite de son frère, la stabilité de la zaouïa dans sa mission spirituelle, et la sécurité et la foi du Maroc, renouvelant son engagement au service de la voie et de la société.

Rappelons que Cheikh Jamal Eddine El Kadiri Boutchich, guide spirituel de la Tariqa Qadiriyya Boutchichiyya, est décédé vendredi 8 août 2025 à l’âge de 83 ans. Né en 1942 à Madagh (province de Berkane), il était le fils du défunt Cheikh Sidi Hamza El Kadiri Boutchich. Il lui avait succédé en 2017, en accord avec un testament spirituel datant de 1990.
