Alors que toutes les sélections ont officialisé l'une de leurs tuniques officielles pour le Mondial…
Maroc: fin des concours pour le master, place à la sélection par dossier
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Un arrêté publié au Bulletin officiel vient de réformer en profondeur le système pédagogique des licences et masters dans les universités marocaines. Le texte met fin au dispositif classique qui reposait sur une présélection suivie d’épreuves écrites et orales.
Désormais, l’admission en master se fera uniquement sur étude de dossier, conformément aux critères définis dans la fiche descriptive de chaque parcours. Objectif affiché : réduire la marge de subjectivité et les soupçons de favoritisme qui entachaient l’ancien système.
Selon le décret publié le 14 août, les principales nouveautés concernent :
- La sélection exclusivement par dossier, sans concours ;
- La reconnaissance de la « licence d’excellence » comme passerelle directe vers le master ;
- L’obligation de réaliser un mémoire de fin d’études en lien avec l’environnement socio-économique ou une structure de recherche ;
- L’intégration de la culture entrepreneuriale dans les programmes ;
- La constitution des jurys de soutenance avec au moins trois enseignants.
Le master conditionné à la validation de 120 crédits
Le nouveau système, qui entrera en vigueur dès la rentrée universitaire 2025/2026, prévoit également l’instauration de l’alternance linguistique, la possibilité de combiner enseignement présentiel et à distance, et conditionne l’obtention du diplôme de master à la validation de 120 crédits.
Pour l’universitaire Abdelkbir Sossi Alaoui, spécialiste du droit pénal, « ce décret reflète des réformes majeures menées par le ministère de l’Enseignement supérieur, dont la suppression du concours d’accès au master. L’étude des dossiers sur la base de notes précises réduit les décisions arbitraires et renforce la transparence ». Il ajoute dans une déclrataion à Lakome2 que « ce changement redonne aux départements universitaires un rôle central et met fin à la hiérarchie implicite entre professeurs qui pesait lors de l’accréditation des masters ».
Fin des dérives des concours
La chercheuse Saloua Soumati estime pour sa part que « ces ajustements visent à dépasser les dérives des concours oraux et écrits souvent critiqués pour leur opacité. Mais ils soulèvent une autre question : celle de la valeur réelle du diplôme universitaire dans un contexte marqué par la massification des diplômés et la rareté des opportunités d’emploi ». Elle plaide, selon la même source, pour « une refonte profonde des contenus pédagogiques afin d’adapter la formation aux besoins de l’économie et du marché du travail, avec un accent sur les langues, les compétences pratiques et les nouvelles technologies ».
Et de conclure : « Tout projet de réforme restera incomplet s’il se limite aux modalités d’accès ou à l’augmentation des effectifs. La véritable urgence est de passer d’une logique de diplôme à une logique de compétences et d’employabilité ».
