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Trafic de diplômes: un professeur universitaire incarcéré à Marrakech
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Un enseignant universitaire a été placé en détention provisoire à Marrakech pour son implication présumée dans un réseau de trafic de diplômes de master. L’affaire implique également des fonctionnaires, des avocats et des proches de responsables influents.
Le juge d’instruction près la cour d’appel de Marrakech a ordonné, dans la soirée du mardi 13 mai, le placement en détention provisoire au pénitencier de l’Oudaya d’un professeur universitaire à l’Université Ibn Zohr d’Agadir.
Ce dernier, qui avait exercé auparavant à l’université d’El Jadida, est soupçonné de manipulations frauduleuses dans l’accès aux cursus de master, ainsi que de vente de diplômes universitaires contre rémunération.
Ouverture d’une instruction financière
Selon des sources locales, le procureur général du Roi a déféré le professeur et plusieurs coaccusés devant le juge d’instruction de la troisième chambre spécialisée dans les crimes financiers, après avoir été entendus par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), en charge de l’enquête.
L’affaire, particulièrement sensible, relève de la compétence de la juridiction financière en raison de soupçons de corruption, de trafic d’influence et de détournement de fonds publics liés au système universitaire.
Affaire tentaculaire
Les investigations ont mis au jour un réseau organisé impliquant des agents publics, des avocats, ainsi que des enfants de responsables universitaires et d’élus.
Certains d’entre eux font l’objet de mesures judiciaires strictes, comme le retrait de leurs passeports et l’interdiction de quitter le territoire, bien qu’ils aient été laissés en liberté provisoire.
Cette affaire tentaculaire aux ramifications politiques et judiciaires a éclaté à la suite d’une plainte déposée par une victime résidant à Agadir, dénonçant un système de trafic d’accès aux masters touchant près de 24 filières, et profitable à des personnes bien introduites dans les sphères de pouvoir.
Le trafic des diplômes bafoue la méritocratie
Cette énième affaire de trafic de diplômes de master –après plusieurs autres, dont notamment celle du master «Droit des contentieux publics» à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Fès en 2018– relance les débats sur la corruption dans les universités marocaines, la transparence des concours d’accès aux cycles supérieurs, et la marchandisation croissante des diplômes académiques, au détriment de la méritocratie.
Les observateurs appellent à un audit approfondi des filières concernées et à une réforme rigoureuse des mécanismes de gouvernance universitaire.
