Législatives 2026: le think tank Al Mouachir plaide pour une réforme électorale profonde

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Une Marocaine dépose son bulletin de vote le 8 septembre 2021 à Rabat, pour les élections législatives et locales. © AFP

À l’approche des législatives 2026, le débat sur la refonte du système électoral marocain s’intensifie. Le Centre Al Mouachir pour les études et recherches propose une vision réformatrice ambitieuse, fondée sur la transparence, la représentativité et l’inclusion.

À l’heure où le Maroc s’apprête à amorcer un nouveau cycle électoral, la question de la réforme du système électoral revient avec insistance dans le débat public. Loin d’être une simple mise à jour technique, cette réforme se veut comme une refondation profonde du lien entre les citoyens et leurs institutions représentatives.

Le Centre Al Mouachir pour les études et recherches propose, dans un rapport dense et ambitieux, une vision structurée et audacieuse pour repenser les règles du jeu démocratique. Ce document, qui s’appuie à la fois sur les principes constitutionnels, les standards internationaux et les réalités sociopolitiques marocaines, trace les contours d’un système électoral plus transparent, plus inclusif et plus crédible.

Le rapport commence par un un état des lieux des dysfonctionnements actuels. Il pointe du doigt la faible participation électorale, le manque de représentativité des élus, la fragmentation des partis et la méfiance croissante des citoyens envers les institutions. Pour y remédier, il propose une série de mesures concrètes, allant de l’enregistrement automatique des électeurs à la création d’une autorité électorale indépendante.

Simplification et exigences

L’idée est de simplifier l’accès au vote, de garantir l’égalité des chances entre les candidats et de renforcer la confiance dans les résultats. Le découpage électoral serait revu pour mieux refléter les équilibres démographiques et territoriaux, tandis que le vote par liste serait généralisé afin de favoriser la cohérence des programmes et des alliances politiques.

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La candidature elle-même devrait être encadrée par des critères plus exigeants. Il est suggéré d’instaurer un niveau minimal d’instruction pour les candidats, d’imposer des quotas pour les jeunes et les femmes, et d’exclure toute personne condamnée pour corruption ou atteinte à la probité. Ces mesures visent à rehausser le niveau du débat politique et à encourager l’émergence de nouveaux profils capables de porter des projets crédibles.

Les campagnes électorales, souvent marquées par des pratiques clientélistes ou communautaires, seraient soumises à des règles strictes en matière de financement, de communication et de contenu. L’usage des symboles religieux ou ethniques serait interdit, et les candidats seraient tenus de participer à des débats publics pour exposer leurs idées et répondre aux questions des citoyens.

Le rapport propose également une modernisation du processus de vote, avec l’introduction du vote électronique et du vote anticipé, notamment pour les Marocains résidant à l’étranger. Cette mesure, qui répond à une demande récurrente de la diaspora, permettrait de renforcer l’inclusion et de mieux refléter la diversité des voix marocaines.

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Enfin, la supervision des élections serait confiée à une instance indépendante, dotée de moyens juridiques et techniques pour garantir la régularité du scrutin et sanctionner les infractions. Cette autorité, distincte du ministère de l’Intérieur, incarnerait une nouvelle étape dans la consolidation de l’État de droit.

Levier stratégique

Au-delà des propositions techniques, le rapport du Centre Al Mouachir porte une vision politique forte. Il considère la réforme électorale comme un levier stratégique pour revitaliser la démocratie marocaine, restaurer la confiance des citoyens et renforcer la légitimité des institutions.

Dans un contexte marqué par de grandes ambitions — qu’il s’agisse du Nouveau modèle de développement, de l’organisation de la Coupe du monde ou de la montée en puissance du soft power marocain — la qualité de la gouvernance politique devient un enjeu central. Le système électoral, en tant que mécanisme de sélection des élites et de canalisation des aspirations populaires, doit être à la hauteur de ces défis.

Le rapport ouvre un espace de réflexion salutaire, invitant les partis politiques, les institutions et la société civile à s’emparer de la question électorale avec sérieux et responsabilité. Il rappelle par ailleurs que la démocratie ne se décrète pas, elle se construit jour après jour, dans les règles, les pratiques et les symboles.

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