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Sebta et Melilla: un média espagnol accuse le Maroc de dresser un «siège» sur les présides occupés
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Un article d’El Español dénonce une politique marocaine de « blocus économique » visant les deux présides occupés de Sebta et Melilia. Fermeture des frontières commerciales, effondrement du commerce local et tensions économiques: décryptage d’une stratégie qui inquiète Madrid.
Selon le journal El Español, le Maroc mène une politique de resserrement commercial sur les enclaves occupées de Sebta et Melilla, en limitant drastiquement l’entrée des marchandises via les points de passage de Fnideq et Beni Ansar.
Des témoins cités par le média affirment qu’aucun produit n’est désormais autorisé à entrer, même de faible valeur. Certains habitants recourent à des stratagèmes insolites comme porter des vêtements neufs par-dessus des anciens pour faire croire qu’ils sont usagés.
Un blocus économique aux conséquences visibles
Selon la même source, cette situation perdure malgré l’amélioration des relations entre Rabat et Madrid depuis 2022. Depuis la fermeture des postes-frontières commerciaux durant la pandémie de Covid-19, les échanges sont quasi inexistants. Seuls les objets à usage strictement personnel passent parfois, mais souvent sous contrôle strict.
Conséquence : des dizaines de commerces ont fermé, dont des enseignes internationales comme H&M. El Español avance que 80 % des boutiques de Melilla auraient baissé le rideau, tandis que les commerces marocains à proximité connaissent une forte activité, accentuant la sensation d’asphyxie économique chez les habitants des enclaves.
Mutation en pôles touristiques
L’article avance que cette politique s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à réduire la dépendance des deux enclaves à la contrebande commerciale et à favoriser leur mutation en pôles touristiques, sur le modèle de Tanger ou Nador.
Cependant, les acteurs économiques locaux rejettent une vision centrée sur «le tourisme et les casinos», réclamant des alternatives diversifiées pour maintenir un tissu économique solide.
Madrid sous pression, Rabat maintient le cap
Alors que les commerçants accusent le gouvernement espagnol de manquer de fermeté dans la défense des intérêts des enclaves, Rabat poursuit sa stratégie aux frontières, notamment via les points de Tarajal, dit Bab Sebta du côté marocain et Beni Ansar (Melilla).
Face à cette situation de paralysie commerciale, les appels se multiplient pour que Madrid et Rabat trouvent un accord durable conciliant les intérêts des deux parties, afin d’éviter un effondrement économique irréversible des deux villes.
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Le Maroc est-il en train d’étouffer le commerce des présides occupés par l’Espagne ? Difficile de trancher sur cette question et s’aventurer à dire que le Royaume dresse un siège sur ses deux présides occupés dans un dessein visant leur récupération à long-terme étant donné que la lutte contre la contrebande fait partie dans une stratégie nationale visant la lutte contre le secteur informel dans son ensemble.
Pendant des décennies, Sebta et Melilla ont prospéré grâce à la contrebande organisée vers le nord du Maroc. Les marchandises entraient sans droits de douane, privant le Royaume de recettes fiscales colossales et alimentant une économie parallèle difficile à contrôler.
En fermant les frontières commerciales, Rabat veut réaliser un double objectif :
✔ Couper les circuits informels qui échappaient au fisc marocain.
✔ Rediriger la consommation vers les zones franches marocaines (Tanger Free Zone, Nador West Med) pour stimuler la production et la logistique locales.
De l’importance de rééquilibrer les relations Maroco-espagnoles
L’autre but dans cette réorganisation des échanges avec les présides occupés est un rééquilibrage des relations économiques avec Madrid. Malgré la proximité géographique, le déséquilibre des échanges était flagrant : Sebta et Melilla captaient une part importante de la consommation marocaine via des importations espagnoles non taxées.
La stratégie actuelle vise à contraindre l’Espagne à négocier un cadre commercial clair, sans passer par les enclaves et imiter l’attractivité économique des deux villes pour réduire leur poids stratégique dans les relations bilatérales.
Un modèle alternatif basé sur le tourisme et l’investissement
Les signaux sont clairs : le Maroc veut transformer le nord en hub touristique et logistique. Les projets structurants comme Nador West Med, les stations balnéaires de Marchica ou encore l’amélioration des infrastructures routières et portuaires illustrent cette orientation et les objectifs sont clairs.
Attirer les flux touristiques vers Nador, Tanger et Tétouan plutôt que vers Sebta et Melilla et créer des pôles économiques modernes pour concurrencer les enclaves et les rendre moins vitales pour l’économie marocaine. Quoiqu’en disent les Espagnols : cela reste de bonne guerre économique.
Sebta et Melilla, une question de souveraineté
Certains observateurs vont plus loin affirmant que le Maroc réaffirme sa souveraineté, mais également prépare un avenir post-occupation. La dimension géopolitique n’est pas à négliger dans ce sillage. Cette politique n’est pas seulement économique, elle est aussi géopolitique.
En réduisant la dépendance des villes du Nord à Sebta et Melilla, Rabat compte sur l’essor des régions du Nord sans dépendance à l’extérieur pour préparer une future normalisation avec la présence espagnole au nord selon de nouvelles normes, voire un futur scénario de restitution.
Autrement dit, asphyxier le modèle économique des enclaves occupées pourrait accentuer leur fragilité et pousser Madrid à réévaluer leur statut à long terme.
