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Pourquoi les Marocains ne croient plus aux partis politiques (rapport)
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Un nouveau sondage du Centre marocain pour la citoyenneté met en lumière une crise de confiance sans précédent entre les citoyens marocains et les partis politiques.
La défiance des Marocains envers les formations partisanes n’est un secret pour personne. Pourtant, un rapport du Centre marocain pour la citoyenneté (CMC), basé sur un sondage réalisé entre juillet et août 2025 auprès de 1.200 personnes, révèle une réalité encore plus alarmante: les citoyens semblent avoir totalement perdu confiance dans les élites politiques.
Et il ne s’agit pas d’une situation conjoncturelle, mais bien d’un malaise profond, généralisé et structurel. La majorité écrasante des sondés — 91,2 % — n’est affiliée à aucun parti. Pire encore, plus des trois quarts d’entre eux n’envisagent pas de s’engager politiquement un jour. Pourtant, 70 % déclarent avoir déjà voté.
Ce paradoxe illustre une réalité troublante : les Marocains participent aux élections, mais ont cessé de croire en la capacité et la crédibilité de l’élite politique, comme en témoignent les chiffres du sondage. Près de 95% des personnes interrogées affirment ne pas faire confiance aux partis politiques.
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Cette crise ne concerne pas uniquement les partis eux-mêmes, mais aussi leurs institutions et leur mode de fonctionnement. Le rapport pointe du doigt une absence de démocratie interne, de transparence et de communication. Près de 98 % des sondés estiment que les partis ne dialoguent pas avec les citoyens. Ils sont tout aussi nombreux à juger que les candidats ne sont pas choisis pour leurs compétences, mais pour leur proximité avec les dirigeants.
Une crise globale
Le Parlement n’échappe pas à cette défiance. Près de 90 % des personnes sondées jugent l’institution inefficace. Les syndicats, les associations et même les médias sont également perçus comme déconnectés des préoccupations réelles. Le malaise semble global.
Pour 64 % des sondés, la richesse est le critère dominant pour gravir les échelons au sein des partis. Les relations personnelles, le favoritisme et le culte du chef viennent ensuite, reléguant la compétence et l’engagement militant au second plan.
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Le rapport du CMC ne se contente pas de dresser un état des lieux. Il propose des pistes pour sortir de l’impasse : renforcer la transparence, limiter les mandats, réformer les lois électorales, encourager l’implication des jeunes et des femmes, et investir les espaces numériques pour renouer le lien avec les citoyens.
Mais au-delà des recommandations techniques, une question demeure : les partis marocains ont-ils encore la capacité — ou la volonté — de se réinventer ? Car, comme le souligne le rapport, « l’avenir de la vie politique au Maroc dépend de la capacité collective à transformer cette crise en opportunité de réforme profonde ».
