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Le Maroc veut ériger l’algoculture en pilier de son « économie bleue »
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Zakia Driouch, secrétaire d’État chargée de la Pêche Maritime, a réuni une brochette d’experts et d’acteur du secteur de l’aquaculture mardi dernier à Rabat pour réfléchir sur le potentiel économique de l’algoculture au Maroc.
Organisé sous le format d’un dialogue national sur le développement et la valorisation des algues, l’événement a bénéficié de l’appui technique de l’Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture (ANDA), et de la Banque Mondiale. L’événement a rassemblé l’ensemble des parties prenantes, notamment les institutions publiques, experts scientifiques, opérateurs économiques et investisseurs.
Selon le communiqué qui a sanctionné cette rencontre, l’objectif de Zakia Driouch et de son département est d’ériger l’algoculture en pilier structurant de l’économie bleue au Maroc.
Ce qui passera par transformer le riche potentiel marin du Royaume en véritables leviers de croissance. «L’ objectif est triple : créer des emplois durables, attirer des investissements stratégiques et positionner le Maroc comme acteur incontournable du marché mondial des algues», peut-on lire.
Renforcer les synergies entre intervenants
Selon le secrétariat d’Etat, ce Dialogue s’inscrit dans la stratégie nationale de développement aquacole, et se veut une plateforme de concertation et d’innovation, conciliant expertises scientifiques, perspectives économiques et exigences environnementales.
«Il vise à renforcer les synergies entre tous les intervenants pour faire de la filière un moteur de développement durable, créateur de valeur et porteur d’ opportunités pour le pays», précise le communiqué.
Le programme s’est donc articulé autour de quatre ateliers thématiques qui ont exploré la diversité croissante des usages des algues parmi lesquels l’on a l’alimentation humaine et animale, la cosmétique, la pharmacie, les biostimulants agricoles, les biomatériaux, les textiles et autres industries émergentes. Ce qui illustre ainsi le potentiel foisonnant et pluridimensionnel de cette filière d’ avenir
«Les projections à long terme estiment une capacité de production pouvant atteindre 100 000 tonnes d’ algues, ouvrant la voie à des perspectives économiques et environnementales de tout premier plan», note-t-on.
Aquaculture et algoculture : filière en forte émergence et potentiel prometteur

Cette rencontre fut l’occasion de faire l’état des lieux de l’aquaculture au Maroc. les échanges ont permis de dresser un potentiel significatif de l’aquaculture, tant en matière de sécurité alimentaire, de création d’emplois, de soutien au développement économique du secteur halieutique national.
En termes de KPI, les experts ont relevé pas moins de 183 projets aquacoles, ciblant une production à terme estimée à près de 71 000 tonnes par an et la création d’environ 2 250 emplois directs et 6 750 emplois indirects.
Partie intégrante de l’aquaculture, la culture des algues, ou encore algoculture, suit le même trend prometteur. «Elle représente un levier écologique et économique majeur», ont affirmé les experts.
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Filière à part entière, l’algoculture est axée principalement sur les macroalgues avec une superficie qui atteint les 4 670 km² répartis sur 304 parcelles à travers plusieurs régions. La région de Dakhla-Oued Ed-Dahab en étant l’épicentre avec 2376 hectares, répartis en 153 parcelles.
Viennent ensuite les régions de l’Oriental et Marrakech-Safi, disposant respectivement de 629 hectares sur 39 parcelles et 570 hectares répartis sur 38 parcelles. Laâyoune-Sakia El Hamra et Souss-Massa offrent également des espaces significatifs dédiés à l’ algoculture, avec 480 hectares (32 parcelles) pour la première, et 360 hectares (24 parcelles) pour la seconde, contribuant ainsi à diversifier la production algale sur le littoral marocain.
Enfin, les régions de Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan-Al Hoceima présentent une moindre superficie, 210 hectares sur 15 parcelles pour la première, et 45 hectares sur 3 parcelles pour la seconde.
Algoculture : de nouveaux projets pour accélérer la croissance.
En somme, les experts se sont accordés pour dire que la filière marocaine des algues un développement prometteur avec un total de 70 fermes d’algoculture, pour une production cible annuelle estimée à près de 92 000 tonnes.
Ce développement de la filière s’accompagne d’un investissement cible prévisionnel d’environ 400 millions de dirhams, couvrant une superficie de 970 hectares dédiés à la culture d’algues.
Elle devrait engendrer des retombées socio-économiques notables, notamment par la création de près de 850 nouveaux emplois, soulignant ainsi son rôle croissant dans le tissu économique national
La rencontre s’est conclue sur une volonté partagée d’accélérer la structuration de la filière, avec un appui technique renforcé et un calendrier d’action concerté. Les projections, les investissements et les surfaces mobilisées confirment l’ancrage de l’algoculture dans les priorités économiques du Royaume.
