Le secrétaire général du PAM, Abdelhakim Benchemach a décidé de mettre fin au mandat de…
Aït Ourir: Ahmed Touizi interrompt violemment une conférence sur la lutte anticorruption (vidéo)
Publié le
Une rencontre publique animée par Mohamed Ghalloussi, président de l’Association marocaine pour la protection des biens publics (AMPBP), a tourné au chaos hier dimanche 2 novembre à Aït Ourir. Ahmed Touizi, chef du groupe parlementaire du Parti authenticité et modernité (PAM) et président de la commune, aurait mené un groupe de ses partisans pour perturber l’événement, suscitant une vive indignation.
Mohamed Ghalloussi, avocat et président de l’Association marocaine pour la protection des biens publics, a accusé le député Ahmed Touizi d’avoir conduit un groupe d’individus pour saboter une conférence publique, dimanche soir dans les locaux de la municipalité d’Aït Ourir (37 km de Marrakech), relevant de la province d’Al Haouz.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, Ghalloussi a affirmé que Touizi, «après avoir récemment mené une campagne contre les associations au Parlement, a cette fois décidé de passer à l’action sur le terrain en recourant aux cris, aux menaces et à l’intimidation». Selon lui, le député «a pris d’assaut l’estrade accompagné d’hommes à la carrure imposante, semant le désordre et la panique dans la salle, alors même qu’il n’était ni organisateur ni modérateur de la rencontre».
Le militant a également rapporté que Touizi a proféré des propos «insultants et discriminatoires», lui lançant notamment: «tu viens de Demnate» et «tu es un avocat raté». Craignant pour sa sécurité physique, l’avocat dit avoir tenté de contacter le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Marrakech afin de demander protection.
«Le symptôme d’une corruption arrogante»
Le président de l’AMPBP a qualifié la scène de «choquante et effrayante», estimant que le comportement du parlementaire «porte atteinte à l’image de la fonction publique, du Parlement et du parti auquel il appartient». Il considère cet incident comme «le symptôme d’une corruption arrogante et d’un sentiment d’impunité parmi les bénéficiaires du clientélisme et du pouvoir local».
Voir cette publication sur Instagram
Ghalloussi a rappelé que la commune d’Aït Ourir, présidée par Ahmed Touizi depuis quatre mandats successifs, «souffre toujours d’un manque criant de développement et d’infrastructures», tout en accusant l’élu de «gérer la collectivité comme s’il s’agissait d’une propriété privée».
Jusqu’à dimanche soir, ni Ahmed Touizi ni le PAM n’avaient réagi publiquement à ces accusations. L’affaire a néanmoins provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, où de nombreux militants ont dénoncé «une atteinte à la liberté d’expression et au droit des citoyens de débattre publiquement de la corruption».
Touizi d’une polémique à une autre
Cela fait plusieurs jours que le président du groupe du tracteur à la première Chambre occupe les colonnes de la presse nationale. Mardi 28 octobre, il avait accusé, devant la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, et le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, «certaines minoteries de mélanger du papier moulu à la farine subventionnée destinée aux citoyens».
Il avait souligné l’absence quasi totale de contrôle dans ce secteur, affirmant: «Je sais ce qu’il s’y passe: certains broient du papier et le mélangent à la farine. Il faut des mesures dissuasives. Allez voir la farine subventionnée qui coûte 16 milliards de dirhams: dans certaines régions, elle est tout simplement impropre à la consommation.»
Touizi au centre d’une enquête
Ahmed Touizi, qui avait provoqué la stupeur des députés et des journalistes lors de l’examen du projet de loi de finances 2026 devant la Commission des finances et du développement économique, a par la suite fait volte-face le soir du même mardi.
Face à l’ampleur des réactions suscitées par sa sortie, le député a dit que l’expression «moudre du papier» était métaphorique, expliquant que cette formule, couramment utilisée dans la langue populaire marocaine, désigne la falsification de documents ou de factures présentées aux services publics afin d’obtenir des subventions de manière frauduleuse, et qu’il n’était nullement question d’un mélange matériel entre papier et farine.
Ceci n’a pas empêché le procureur général du Roi près la cour d’appel de Rabat d’ordonner l’ouverture d’une enquête judiciaire concernant ses allégations. Dans la foulée de cette même polémique, le parquet de Fès a fermé les frontières à plusieurs minotiers.
