Finance climatique : un plan de 1.300 milliards $ par an d’ici 2035 (rapport de la COP)

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COP29–COP30 : le rapport conjoint promet 1.300 milliards $ pour les pays vulnérables, entre dettes allégées et nouvelles taxes
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Les présidents des COP29 et COP30 affirment que « les outils existent » pour mobiliser 1.300 milliards de dollars par an d’ici 2035 en faveur des pays vulnérables. Un plan ambitieux mêlant réforme des banques multilatérales, allègement de dettes, mobilisation du FMI et fiscalité mondiale.

À la veille du sommet des dirigeants de la COP30 de Belém, un rapport conjoint des présidents de la COP29 (Azerbaïdjan) et de la COP30 (Brésil) trace la voie d’une mobilisation financière sans précédent : 1.300 milliards de dollars par an d’ici 2035 destinés aux pays les plus exposés aux conséquences du changement climatique.

A l’heure des budgets tendus partout dans le monde, « nous sommes conscients que ce voyage commence en période de turbulences », assurent les présidents des deux COP, l’Azerbaïdjanais Moukhtar Babaïev et le Brésilien André Correa do Lago, en préambule de ce rapport très attendu par les participants de la COP30 de Belem, qui sera lancée jeudi et vendredi par un sommet de dirigeants.

Ce rapport entend transformer en propositions concrètes un objectif vague adopté l’an dernier: mobiliser 1.300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour les pays en développement, de sources publiques et privées.

« Mais il existe des solutions », poursuivent-ils, détaillant sur 81 pages des propositions inspirées des près de 230 recommandations faites par des ONG, des chercheurs et le monde financier.

« La tâche est ambitieuse, mais réalisable. Les outils existent », a réagi Simon Stiell, chef de l’ONU Climat.

Mais Harjeet Singh, militant à la tête de la Fondation pour le climat Satat Sampada, a comparé la feuille de route à « un pansement sur une plaie mortelle » qui « échoue fondamentalement à prescrire le remède ».

Banques de développement

Banque africaine de développement, Banque asiatique de développement… Ces organisations appelées les banques multilatérales de développement ont « un rôle central » à jouer, détaille le rapport, essentiellement en améliorant la tuyauterie financière qui leur permettra de prêter davantage.

Le rapport appelle à améliorer la coordination entre ces organisations et les fonds climatiques multilatéraux et le monde de la philanthropie afin de dégager des marges de manoeuvre.

Fonds monétaire international

L’institution financière basée à Washington, dont l’une des missions est de faire reculer la pauvreté, dispose de l’outil des droits de tirage spéciaux (DTS), un actif de réserve qu’elle peut émettre et mettre à la disposition des pays vulnérables, souligne le rapport.

La règle est que lorsqu’il les émet, le FMI les distribue normalement au prorata de la part des Etats à son capital, donc principalement vers les pays riches. Mais les Etats peuvent s’engager à les rediriger vers les pays pauvres et les orienter vers la lutte contre le changement climatique, afin de dégager entre 100 et 500 milliards de dollars par an, selon les estimations du rapport.

Les banques centrales

A priori loin de du soutien climatique vers les pays pauvres, les banques centrales et les organes de régulation financière peuvent pourtant aussi « jouer un rôle », par exemple en simplifiant des règles de régulation qui pourrait permettre davantage de financements à but climatique.

Hausses de taxes

La hausse de certaines taxes fait aussi partie des mesures évoquées brièvement, avec des chiffrages annuels très approximatifs.

Un impôt sur les plus grandes fortunes pourrait ainsi rapporter entre 200 et 1.364 milliards de dollars selon les taux appliqués. L’hypothèse paraît pour l’heure difficile à mettre en oeuvre, des discussions menées par le Brésil au G20 afin de créer un impôt mondial sur les milliardaires ayant échoué en 2024.

Une hausse de la fiscalité sur l’aviation ou le transport maritime, bien que cette dernière soit vivement rejetée par les Etats-Unis, rapporterait quant à elle de 4 à 223 milliards de dollars, et une taxe sur les transactions financières entre 105 et 327 milliards de dollars.

Allègement de dette

Le rapport insiste sur le besoin de soulager la dette des pays qui subissent la double peine d’un coût élevé du capital et de lourdes dépenses engendrées par les catastrophes climatiques.

Le rapport envisage des pauses plus fréquentes dans les remboursement de dettes en cas de désastre météorologique, et des programmes de réduction de dette en échange du financement de projets vertueux pour l’environnement.

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