Croissance mondiale : le FMI revoit encore ses prévisions à la baisse

Publié le
fmi, Maroc, dette publique, FMI ,  croissance mondiale, économie mondiale, Washington, États-Unis, intelligence artificielle, IA, Fonds sur l'économie mondiale , WEO
Le siège du FMI. ©DR

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu mercredi une nouvelle fois à la baisse ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale, estimant que le développement de l’intelligence artificielle (IA) devrait compenser en partie les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.

Selon l’actualisation du rapport annuel du Fonds sur l’économie mondiale (WEO), l’ensemble des économies connaîtront une croissance moyenne de 3% cette année, soit 0,1 point de moins que prévu en avril.

Cette estimation a été faite avant la reprise des hostilités ces dernières heures au Moyen-Orient.

L’organisation internationale s’attend à ce que le ralentissement prévu pour cette année soit contrebalancé par une accélération de la croissance en 2027.

« En cumulé sur les deux ans, nos prédictions restent globalement inchangées. Nous avons une reprise en V, qui sera juste plus marquée qu’anticipé jusqu’ici », a expliqué à l’AFP Deniz Igan, responsable au sein du département recherche du Fonds.

En d’autres termes, le FMI estime que les dixièmes de points de croissance perdus cette année devraient être compensés par ceux gagnés en plus l’année prochaine.

Dans un sens comme dans l’autre, la majeure partie de la variation trouve sa source, sans surprise, dans la région Moyen-Orient et Asie centrale, en première ligne durant la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran.

Le Fonds a continué de réviser à la baisse la croissance attendue en 2026 dans la région.

L’économie régionale devrait ainsi progresser de seulement 0,7% cette année mais connaître une forte accélération en 2027, à 6,5%, soit quasiment deux points de plus que l’estimation d’avril dernier.

Lire aussi. Maroc: le FMI prévoit une croissance de 4,9% en 2026 malgré les chocs internationaux

Parmi les pays les plus touchés à court terme figurent l’Irak et le Qatar, a détaillé Mme Igan, soulignant que ces pays avaient principalement pâti « de l’absence d’alternative (pour l’exportation d’hydrocarbures, NDLR) une fois le détroit d’Ormuz fermé ».

Dans le même temps, l’Arabie saoudite a résisté, et devrait terminer cette année avec une croissance de 1,7%.

La perspective pour l’Iran s’est améliorée mais son économie devrait rester en récession en 2026 (-5,4%).

Le coup de pouce de l’IA

Les autres pays ont vu leur croissance plombée par les retombées de la crise énergétique.

Le FMI a revu à la hausse le rythme de l’inflation tant dans les économies avancées que dans le reste du monde.

Mais Deniz Igan y voit « avant tout » un à-coup temporaire. « L’inflation vient principalement d’une hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation », a-t-elle commenté.

Dans la zone euro, la croissance est revue à la baisse de 0,2 point.

La France en particulier voit la sienne ramenée à 0,6% pour 2026, soit 0,3 point de moins que lors des prévisions d’avril, et ne devrait pas connaître d’accélération en 2027, avec une croissance attendue à moins de 1%.

A l’inverse, les Etats-Unis n’ont pas souffert de la guerre. Leur prévision de croissance est restée inchangée pour cette année (2,3%) et revue en légère hausse pour 2027.

Le pays bénéficie du fait d’exporter de l’or noir mais aussi d’être le théâtre d’importants investissements réalisés dans les infrastructures d’intelligence artificielle (IA), en premier lieu des centres de données.

« Nous observons une dynamique très forte dans le secteur technologique mondial, qui est un élément majeur venant contrebalancer les effets de la guerre », insiste Mme Igan.

Si le rythme d’adoption semble suivre un rythme modéré et qu’aucun gain majeur de productivité n’est jusqu’ici observé à l’échelle macroéconomique, « la hausse des investissements est plus importante que nous l’avions anticipé » et cela profite aux pays tant investisseurs que producteurs d’équipements.

« Les gains de productivité peuvent apparaître » et avoir plus d’impact que pris en compte jusqu’ici par le FMI, mais « ces attentes peuvent aussi s’avérer trop optimistes », prévient Deniz Igan, « nous ne verrons alors pas les investissements se poursuivre sur le rythme actuel ».

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Croissance mondiale : le FMI revoit encore ses prévisions à la baisse

S'ABONNER
Partager
S'abonner