Les Etats-Unis sont "reconnaissants au Maroc pour son leadership régional", a indiqué le porte-parole de…
Un accord Maroc–Algérie, le pari de Washington pour la stabilité maghrébine
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Sous l’impulsion américaine, le Maroc et l’Algérie pourraient amorcer un tournant diplomatique inédit depuis la rupture de leurs relations en 2021. Sans parler encore de réconciliation, Washington encourage une désescalade pragmatique susceptible de transformer la rivalité régionale en opportunité de stabilité partagée. C’est ce qui découle d’une récente analyse du Middle East Institute qui met en lumière les efforts de Washington dans cette perspective.
L’analyse en question met en avant les manœuvres diplomatiques en cours au Maghreb, à la suite du vote du Conseil de sécurité de l’ONU du 31 octobre 2025, qui a réaffirmé la primauté de l’initiative d’autonomie comme base réaliste pour le règlement du conflit du Sahara. Selon le think tank américain, cette évolution ouvre la voie à une nouvelle approche diplomatique de Washington, visant à relancer le dialogue entre Rabat et Alger.
Le rapport indique que l’administration Trump cherche à exploiter ce momentum onusien pour conclure, dans un délai de 60 jours, un accord global entre le Rabat et Alger, comme l’a laissé entendre l’envoyé spécial américain Steve Witkoff lors d’une interview sur CBS à la mi-octobre.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté des États-Unis de remporter un nouveau succès diplomatique en Méditerranée et au Sahel, tout en consolidant leur position sécuritaire et économique en Afrique du Nord et en Europe du Sud.
Le Sahara n’est qu’un problème parmi d’autres
La crise entre le Royaume et son voisin dépasse la seule question du Sahara, puisant ses racines dans une rivalité historique pour le leadership régional depuis la guerre des sables de 1963, souligne le rapport.
« Pour résoudre ce différend de longue date, il est essentiel de comprendre que le Sahara occidental n’est qu’un aspect d’un problème plus vaste, nourrissant une rivalité postcoloniale pour le leadership régional », précise-t-il.
Clivage idéologique et course à l’armement
Depuis cette guerre frontalière, les deux voisins ont suivi des trajectoires idéologiques opposées: le Maroc s’est inscrit dans un modèle libéral et pro-occidental, tandis que l’Algérie est restée fidèle à une rhétorique tiers-mondiste et anti-coloniale. Ce fossé idéologique continue d’entretenir une méfiance mutuelle, malgré l’évolution du contexte géopolitique.
Ces dernières années, la compétition bilatérale s’est intensifiée sur tous les plans — diplomatique, économique, culturel et militaire. En 2025, les dépenses de défense ont atteint 13 milliards de dollars pour le Maroc contre 25 milliards pour l’Algérie, traduisant un équilibre dissuasif mais coûteux.
Sur la scène internationale, Rabat capitalise sur la reconnaissance américaine de la marcoanité du Sahara en 2020 et le soutien croissant de l’Espagne, de la France et du Royaume-Uni, renforçant sa stature diplomatique grâce à ses partenariats stratégiques issus de l’accord tipartite Maroc-Etats-Unis-Israel, signé dans la foulée des Accords d’Abraham.
Isolement et manque de pragmatisme
À l’inverse, l’Algérie, isolée depuis la rupture de ses relations diplomatiques avec le Maroc en 2021, voit sa marge de manœuvre se restreindre.
L’analyse rappelle que la visite à Alger en juillet dernier du conseiller principal du président américain Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Massad Boulos –qui a affirmé récemment que le Maroc et l’Algérie disposent aujourd’hui d’une chance historique pour rétablir la confiance et ouvrir une nouvelle page dans leurs relations bilatérales–, a marqué un tournant prudent dans les échanges avec Washington.
En parallèle, Alger craint des sanctions au titre de la loi américaine “CAATSA” pour ses achats d’armes russes, tandis que son influence au Sahel s’effrite face à la montée de l’activisme marocain.
Malgré cela, le pays conserve des atouts stratégiques essentiels : son rôle d’exportateur clé de gaz vers l’Europe et le poids de son armée dans la stabilité régionale.
Cependant, son soutien persistant au Polisario et la situation prolongée dans les camps de Tindouf pèsent sur son image internationale, alors que croissent les appels à une solution pragmatique pour les réfugiés sahraouis.
Alger à la croisée des chemins
Selon le Middle East Institute, « le rapport de force actuel penche en faveur du Maroc », qui progresse diplomatiquement sans dépendre d’un accord avec son voisin. Ce dernier se retrouve, quant à lui, désormais à la croisée des chemins : poursuivre sa politique d’isolement ou s’engager dans un compromis équilibré préservant à la fois sa dignité nationale et ses intérêts économiques.
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Le rapport conclut qu’une entente mutuellement bénéfique pourrait permettre aux deux États de revendiquer chacun une victoire symbolique: le Maroc consoliderait sa souveraineté sur ses provinces du Sud, tandis que l’Algérie maintiendrait sa narration sur le droit à l’autodétermination.
Un premier pas vers la stabilité maghrébine ?
Le think tank appelle à instaurer des mécanismes de confiance, à renforcer la coopération énergétique et sécuritaire, et à endiguer la course aux armements, afin de jeter les bases d’une paix durable et réaliste au Maghreb.
Nous ne sommes pas encore à l’aube d’une réconciliation pleine et entière, mais plutôt d’une trêve d’intérêts, encouragée par Washington et dictée par les réalités géopolitiques.
Une telle trêve, si elle se concrétise, pourrait marquer le premier pas vers une stabilité maghrébine durable, à condition que les deux voisins acceptent de transformer la rivalité en complémentarité.
