Au Congrès américain, le projet H.R.4119 pour désigner le Polisario comme organisation terroriste gagne du terrain

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Washington resserre l’étau : trois nouveaux élus soutiennent le projet de loi visant à classer le Polisario comme organisation terroriste
Présenté par les représentants Joe Wilson (républicain) et Jimmy Panetta (démocrate), ce texte bénéficie désormais du soutien de trois nouveaux élus républicains : Mario Díaz-Balart, Randy Fine et Jefferson Shreve, renforçant ainsi son poids politique et préparant le terrain à un vote rapide au Congrès © Collage H24Info

Le projet de loi bipartisan H.R.4119, présenté par les congressmen Joe Wilson et Jimmy Panetta, visant à qualifier le Front Polisario d’« organisation terroriste », prend de l’ampleur à Washington avec l’appui de trois nouveaux élus républicains. Une évolution lourde de conséquences pour Alger, désormais piégée entre isolement diplomatique et dilemme stratégique.

Le Congrès américain s’apprête à examiner une proposition législative sans précédent : le projet de loi H.R.4119, intitulé Polisario Front Terrorist Designation Act, qui vise à classer le Front Polisario comme organisation terroriste étrangère.

Présenté par les représentants Joe Wilson (républicain) et Jimmy Panetta (démocrate), ce texte bénéficie désormais du soutien de trois nouveaux élus républicains : Mario Díaz-Balart, Randy Fine (député démocrate) et Jefferson Shreve (membre de la Commission des affaires étrangères), renforçant ainsi son poids politique et préparant le terrain à un vote rapide au Congrès.

Un texte accusant le Polisario de déstabilisation régionale

Le projet H.R.4119 reproche au Front Polisario une série d’actes graves :

  • violences armées dans la région du Sahara,
  • violations du cessez-le-feu avec le Maroc,
  • trafic d’armes et de drogues dans le Sahel,
  • et liens présumés avec des réseaux extrémistes appuyés par l’Iran, le Hezbollah et la Russie.

Dans un post sur X, Joe Wilson a décrit le Polisario comme une « milice marxiste soutenue par l’Iran, le Hezbollah et la Russie, offrant à Téhéran un avant-poste stratégique en Afrique et déstabilisant le Royaume du Maroc, allié des États-Unis depuis 248 ans ».

Le texte prévoit le gel des avoirs du Polisario, l’interdiction de toute interaction financière avec ses soutiens, et des sanctions ciblées contre les entités complices. Si adopté, il pourrait redéfinir la position officielle américaine vis-à-vis du Sahara et mettre Alger sous pression directe.

Alger face à un dilemme stratégique

Pour l’Algérie, principal parrain du mouvement séparatiste, ce tournant du Congrès américain constitue un casse-tête géopolitique.

Trois options se dessinent :

  • Se dissocier publiquement du Polisario — en condamnant la violence et en coupant les financements — au risque de tensions internes et de chaos dans les camps de Tindouf.
  • Poursuivre le soutien clandestin, avec la perspective de sanctions et d’isolement international.
  • Opter pour une stratégie multilatérale en lançant une contre-offensive diplomatique pour freiner la dynamique du texte américain auprès de ses alliés historiques.

Mais, selon plusieurs observateurs, la marge de manœuvre d’Alger se rétrécit : la montée du terrorisme au Sahel, la perte d’influence à l’ONU et la méfiance croissante de Washington face à ses liens avec Téhéran compliquent toute issue favorable.

Un renforcement du partenariat maroco-américain

Ce projet s’inscrit dans la continuité du soutien historique de Washington à la souveraineté marocaine sur le Sahara.
Joe Wilson, président du groupe d’amitié États-Unis–Maroc, avait rappelé dès janvier que « le Maroc reste un partenaire essentiel et un allié indéfectible des États-Unis ».

Lire aussi: Massad Boulos: le Maroc et l’Algérie devant une opportunité historique de réconciliation

Il avait également salué la Proclamation de Donald Trump reconnaissant la souveraineté pleine et entière du Royaume sur ses provinces du Sud, un acte toujours en vigueur.

Vers un vote décisif

Actuellement examiné par les commissions des Affaires étrangères et de la Justice, le projet H.R.4119 pourrait, s’il est adopté, redessiner la carte diplomatique du Maghreb.

En qualifiant le Polisario d’organisation terroriste, les États-Unis imposeraient un précédent international, fragilisant durablement le soutien algérien et renforçant la position du Maroc sur la scène mondiale.

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