Alors que le marché africain du capital-risque a enregistré une baisse de 25% en 2024,…
Capital‑risque africain: le Maroc s’impose comme acteur clé de la reprise
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Dans son dernier rapport sur l’activité continentale du capital-risque au troisième trimestre 2025, l’Association africaine des capitaux privés (AVCA) met en évidence le rôle déterminant du Maroc dans la stabilisation du marché africain après deux années de correction.
C’est un paysage du marché des capitaux en pleine recomposition dans lequel le Maroc apparaît comme l’un des pôles moteurs de la reprise, aux côtés de l’Égypte, du Nigeria et de l’Afrique du Sud. C’est ce qui ressort du rapport publié jeudi par l’AVCA, à propos de l’activité du capital-risque en Afrique
Selon les auteurs de ce rapport, l’Afrique du Nord contribue désormais à 23 % du volume et de la valeur des opérations de capital‑risque, soit une progression de cinq points par rapport à 2024. Cette montée en puissance est largement portée par le Royaume et le pays des pyramides. Les deux pays concentrent à eux deux près des trois quarts des financements de la région. Le rapport précise que le Maroc, lui, s’est imposé comme un acteur clé dans les levées Series A et Series B, confirmant la confiance des investisseurs dans son écosystème entrepreneurial.
Les rapporteurs expliquent que cette dynamique traduit une consolidation de la place du Maroc dans le capital‑risque africain, en particulier sur les stades précoces. Elle reflète aussi une tendance plus large : les investisseurs privilégient désormais les paris sur de jeunes entreprises et sur des fondateurs émergents, considérés comme les catalyseurs du prochain cycle de croissance.
Une stabilisation continentale après la correction
Au niveau continental, le marché du capital‑risque semble avoir trouvé son «nouveau rythme». Avec 122 deals recensés au T3 2025, soit une hausse de 17 % sur un an, l’activité s’inscrit dans une continuité par rapport aux trimestres précédents. Sur les neuf premiers mois, 362 opérations ont été conclues, en ligne avec la moyenne des années 2023‑2024.
Un hiatus se présente toutefois. En effet, si les volumes progressent, la valeur des transactions a reculé au T3, avec seulement 200 millions de dollars déclarés, contre 600 millions aux deux trimestres précédents. D’après la source, cette baisse apparente s’explique par une proportion inhabituelle de deals non divulgués, signe d’une prudence accrue des investisseurs. La taille médiane des opérations progresse néanmoins à 3 millions de dollars, soit une hausse de 20 % par rapport à 2024.
En ce qui concerne la reprise, elle est portée par les investissements au stades précoces. Il est dit dans le document que le segment Seed a bondi de 14 % en volume, avec 107 deals recensés, tandis que les Early Stage (stade précoce) ont triplé en valeur, atteignant 600 millions de dollars. Le Maroc figure parmi les pays moteurs de cette dynamique, confirmant son attractivité pour les investisseurs en quête de nouvelles opportunités.
À l’inverse, les financements Late Stage sont au plus bas depuis 2020, avec seulement deux opérations recensées. Le manque de grandes transactions limite la capacité des scale‑ups à accéder au capital nécessaire pour accélérer leur expansion.
Capital-risque : rééquilibrage régional et mutation sectorielle
Le rapport met en évidence un rééquilibrage géographique. L’Afrique australe domine désormais en valeur (26 %), grâce à des transactions plus importantes en Afrique du Sud. L’Afrique de l’Ouest reste la plus active en volume, portée par le Nigeria, mais avec des tickets plus modestes. L’Afrique du Nord, avec l’Égypte et le Maroc en tête, consolide sa place dans le paysage continental.
Sur le plan sectoriel, les services financiers voient leur poids reculer fortement, passant de 59 % en 2024 à 31 % en 2025. L’information technologique prend le relais (20 %), tandis que les industries montent en puissance, notamment dans le recyclage, la circularité et les services RH. Les secteurs « essentiels », tels que l’alimentation, les énergies, et les utilities, attirent également davantage de capitaux.
Enfin, le rapport souligne l’explosion de la dette, qui atteint déjà 1,6 milliard de dollars en 2025, contre 1 milliard sur toute l’année 2024. Ce mode de financement devient un pilier central du marché, compensant la faiblesse des levées en equity. L’Afrique de l’Est domine ce segment, avec le Kenya en tête.
En somme, l’AVCA estime que le marché africain devrait clôturer 2025 avec 550 à 570 deals et environ 3,6 milliards de dollars de valeur déclarée. Un contexte dans lequel le Maroc, consolidant sa place dans les financements Early Stage et participant à la montée en puissance de l’Afrique du Nord, s’affirme comme un acteur incontournable de cette nouvelle phase du capital‑risque africain.
