Le rapport d’impact de l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC), indique qu’en 2023, le…
Capital-risque: « Le Maroc en forte progression dans un contexte de régression » (Tarik Haddi)
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Alors que le marché africain du capital-risque a enregistré une baisse de 25% en 2024, le Maroc s’est démarqué par une croissance exponentielle, le conduisant à la cinquième place sur le continent. Décryptage avec l’expert Tarik Haddi.
Le capital-risque marocain doit cette montée en puissance à l’initiative InnovInvest, impulsée par Tamwilcom, qui a permis de soutenir le capital amorçage et le capital-risque au Maroc. Cette dynamique s’est accompagnée de l’arrivée de grands opérateurs spécialisés, tels qu’Al Mada Venture, 212 Founders et UM6P Venture, renforçant ainsi l’attractivité du secteur.
«Aujourd’hui, le venture capital au Maroc connaît une croissance exponentielle, alors que le marché africain a régressé de 25% en 2024. Nous avons ainsi pu nous hisser à la cinquième position en Afrique», explique Tarik Haddi, président du directoire d’Azure Innovation Fund et vice-président de l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC).
À ce jour, plus d’1 milliard de dirhams ont été injectés dans près de 140 actes d’investissement, certaines startups ayant bénéficié de plusieurs levées de fonds. L’Agence de développement du digital recense pour sa part 500 startups, preuve que l’écosystème est en train de prendre forme.
Des tickets d’investissement en hausse
Les investissements actuels oscillent entre 8 et 12 millions de dirhams, mais cette moyenne devrait croître à mesure que les startups gagnent en maturité et s’internationalisent.
«Ce ticket moyen va augmenter de par la maturation en cours et l’évolution de l’écosystème de l’innovation», affirme Tarik Haddi, soulignant que certaines entreprises, autrefois financées à leurs débuts, attirent aujourd’hui l’intérêt de fonds de capital-risque internationaux.
L’implication du Fonds Mohamed VI pour l’investissement devrait également jouer un rôle clé dans la consolidation du paysage du capital-risque au Maroc.
Les défis à relever face aux Big Fours africains
Malgré ces avancées, le Maroc reste encore loin des performances des Big Four africains, à savoir l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Égypte et le Kenya. «Ces pays disposent de marchés bien plus profonds: au Nigeria et en Égypte, on parle de plus de 100 millions d’habitants», rappelle Tarik Haddi.
Outre leur poids démographique, ces nations bénéficient d’une intégration régionale forte, qui facilite les flux économiques et les développements inter-entreprises.
«Pour passer ce plafond de verre, recommande notre expert, le Maroc doit s’intégrer davantage à ses marchés naturels, comme le Moyen-Orient, l’Europe et l’Afrique de l’Ouest.» Cette intégration permettrait d’élargir le terrain d’opportunités pour les startups marocaines et leur ouvrir de nouveaux débouchés.
Le pays doit aussi s’attaquer à la rigidité de certaines réglementations, particulièrement dans les secteurs sensibles comme la fintech. «Nos concurrents ont des réglementations plus souples, notamment sur la fintech, un domaine qui attire le plus de capitaux à l’échelle mondiale», note-t-il.
Capital-risque: les secteurs les plus prisés
Les investisseurs du capital-risque concentrent leurs financements sur des secteurs à forte valeur ajoutée et à fort potentiel de transformation, tels que la santé, l’industrie 4.0, le cleantech et le climatech, les technologies liées à l’eau, l’agritech et la fintech.
Tarik Haddi détaille: «Aujourd’hui, les venture capital s’intéressent particulièrement aux innovations qui optimisent l’émission carbone, les avancées en matière d’eau, ainsi qu’à la fintech, qui reste le secteur le plus ciblé par les investisseurs internationaux.»
Vers une montée en puissance du capital-risque marocain
Pour permettre au Maroc de devenir un acteur incontournable du capital-risque, plusieurs leviers doivent être activés. L’accent doit être mis sur une meilleure intégration régionale, un renforcement des synergies entre startups, industriels et laboratoires de recherche, ainsi qu’une adaptation du cadre réglementaire aux nouvelles réalités du marché.
Le développement de l’écosystème doit également prendre en compte les enjeux éducatifs, pour favoriser une culture de l’innovation dès le plus jeune âge. «L’innovation se prépare très tôt et elle repose sur des soft skills comme le travail en équipe, l’empathie et l’autonomie», explique Tarik Haddi.
L’expertise marocaine en matière de capital-investissement est reconnue, et les perspectives d’évolution au Maroc sont encourageantes. Reste à opérer les ajustements nécessaires pour garantir une croissance durable et compétitive.
