La commission interministérielle chargée du suivi de l'approvisionnement, des prix et des opérations de contrôle…
Marchés pharmaceutiques: Tehraoui défend la transparence, l’opposition réclame une commission d’enquête
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Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, a défendu mercredi devant la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des représentants la régularité et la transparence des procédures des marchés publics et des licences pharmaceutiques. Il a réfuté catégoriquement les accusations de « conflit d’intérêts » concernant le marché du chlorure de potassium (KCl) remporté par une société appartenant au ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Saad Berrada.
Le ministre a convoqué cette réunion pour affirmer le rôle de contrôle du Parlement et a insisté sur le fait que sa présence constituait un message de totale transparence. Toutes les acquisitions de médicaments sont effectuées conformément au décret sur les marchés publics, avec publication sur le portail national et contrôles préalables et postérieurs, empêchant toute décision individuelle ou sélective.
Tehraoui réfute les accusations de favoritisme
Concernant le marché du chlorure de potassium, Tehraoui a précisé que le contrat a été attribué à une société locale productrice via un appel d’offres strict, et non à une société importatrice avec licence temporaire. L’objectif stratégique du ministère est de renforcer la souveraineté pharmaceutique et de soutenir l’industrie nationale pour réduire la dépendance aux importations.
Le ministre a rappelé que les marchés sont conclus avec des sociétés régies par le droit commercial, et non avec des personnes physiques. Et de souligner que l’élaboration du cadre légal sur les conflits d’intérêts relève du Parlement et que l’administration applique strictement les lois en vigueur, appelant à un débat public protégé de toute récupération politique.
Tehraoui a par ailleurs présenté les réformes structurelles du secteur, notamment la création de l’Agence nationale des médicaments et des produits de santé (loi 22.10), qui répond aux recommandations de rapports de contrôle précédents et garantit la qualité, la sécurité et la souveraineté pharmaceutique via une gouvernance technique indépendante.
L’opposition réclame une commission d’enquête
Malgré ces clarifications, plusieurs partis d’opposition, dont le Parti justice et développement, insistent pour la création d’une commission parlementaire d’enquête afin d’examiner tous les détails liés à l’attribution de ce marché. Dans ce sens, les députés ont commencé à recueillir les signatures nécessaires, conformément à l’article 67 de la Constitution et à la loi organique n°085.13.
La commission aurait pour mission de :
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- Rassembler toutes les informations sur l’affaire.
- Présenter un rapport au Bureau de la Chambre pour débat public en présence du ministre.
- Examiner l’impact des exonérations fiscales et douanières sur les prix des médicaments.
- Évaluer les critères et mécanismes de fixation des prix et des marges bénéficiaires des différents acteurs.
L’objectif final est d’éclairer l’opinion publique, promouvoir un modèle de gestion publique transparent et établir une base pour évaluer et corriger la politique publique dans le secteur pharmaceutique.
Une controverse persistante
La polémique a été initialement soulevée par le député Abdellah Bouanou (PJD), qui a qualifié le ministère de la Santé de « ministère des marchés » lors de la séance plénière sur le projet de loi de finances 2026.
Le président du groupement parlementaire du PJD a accusé le ministre de la Santé d’avoir attribué un marché d’importation d’un médicament depuis la Chine à une entreprise appartenant à son collègue au gouvernement, alors que le même médicament est produit localement. Il a affirmé que le contrat «a été conclu en dehors des procédures de négociation», qualifiant l’affaire de «conflit d’intérêts manifeste».

Bouanou a également révélé une autre affaire impliquant une clinique privée ayant obtenu un médicament anticancéreux, lui permettant de réaliser des profits estimés à 40 millions de dirhams en quelques semaines, après l’avoir acheté entre 600 et 800 dirhams et revendu 4.000 dirhams aux autres cliniques.
غير بالمنطق:
بوانو قال بالحرف إن وزيرا في الحكومة لم يسمّه (يقصد وزير التعليم برادة) حصل على صفقة استيراد KCl وجلبه من الصين
وظهرت فيها اشكالية اللغة وتم سحبه.بلاغ الوزارة لم يتطرق لصلب الموضوع.. وهو: هل شركة فارمابروم المملوكة لبرادة هي التي استفادت من صفقة KCl.. نعم أم لا.😎 pic.twitter.com/dhUEzHk1PA
— Anas (@anas_freevoice) November 14, 2025
L’élu a critiqué le gouvernement, qualifié de «gouvernement de conflits d’intérêts et de scandales successifs», accusant l’exécutif «d’avoir augmenté les prix depuis 2022 et poussé toutes les catégories sociales à protester», tout en rappelant que le chômage est passé de 11,9 % à 13,1 %.
Le ministère dément, Bouanou insiste
Le ministère de la Santé a publié un communiqué niant «catégoriquement» avoir accordé des privilèges ou monopoles concernant l’importation du chlorure de potassium (KCl). Il a expliqué que la pénurie de cette substance vitale était due à l’arrêt temporaire d’une entreprise nationale, entraînant l’autorisation exceptionnelle de mise sur le marché de plusieurs sociétés pour l’importation jusqu’au rétablissement de la production locale.
Le département de Tehraoui a ajouté que ces autorisations temporaires ne donnent aucune priorité dans les marchés publics, précisant que les achats ont été effectués «via un appel d’offres légal et transparent» et que les centres hospitaliers universitaires agissent de manière autonome selon les procédures en vigueur.
Des autorisations de mise sur le marché «exceptionnelles»
Mais le communiqué – publié tard dans la nuit – n’a pas démenti explicitement la possible implication du ministre propriétaire de la société, ni répondu à l’affaire du médicament anticancéreux, ce qui a poussé Bouanou à le qualifier de «vague» et de «tentative d’étouffer le débat».
Le député PJDiste a également appelé à publier la liste des entreprises bénéficiaires des autorisations temporaires ATU, soulignant que «la transparence impose de rendre ces noms publics».
Nouveau scandale du gouvernrmemt Akhennouch : le ministère de la santé a passé plusieurs marchés de founitures de médicaments à Pharmaprom, appartenant à Saad Berrada, ministre de l’Education Nationale, et sa famille.
Total des marchés : +28 MDH. pic.twitter.com/Os9aca8mzL— Omar H. 🇲🇦 🇵🇸 (@Omar_H_) November 14, 2025
L’opposition échoue à réunir les signatures
Des sources parlementaires concordantes ont indiqué, ce mercredi 19 novembre, que la majorité des membres de la Chambre des représentants n’a pas interagi positivement avec la demande de création d’une commission d’enquête parlementaire sur «l’organisation, la distribution et le soutien des médicaments au Maroc, ainsi que leur impact sur le droit des citoyens à accéder à des produits pharmaceutiques à des prix raisonnables».
Selon les mêmes sources, « il n’y a pour l’heure aucun engagement clair concernant la tenue d’une commission d’enquête et la signature de la demande » diffusée par les groupes et la coalition de l’opposition.
Depuis les premières heures de la journée, les groupes d’opposition ont tenté en vain de recueillir les signatures nécessaires pour soumettre une demande de création d’une commission d’enquête.
