Soupçons de conflits d’intérêts : le PJD exige une enquête sur les “scandales du médicament”

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Scandales du médicament : le PJD exige une enquête parlementaire sur des conflits d’intérêts présumés
Les députés du PJD Abdellah Bouanou, Mostafa Brahimi et Abdessamad Haiker à la Chambre des représentants lors de la première partie du PLF 2026, le 14 novembre 2025 © DR

Au Parlement, la tension monte autour de la gestion des marchés du médicament. Le PJD accuse le ministère de la Santé de conflits d’intérêts et d’attributions illégales de contrats, tandis que le gouvernement dément toute irrégularité. Entre soupçons de favoritisme, médicaments importés hors procédure et profits suspects dans le privé, l’opposition réclame une commission d’enquête pour lever le voile sur un secteur stratégique miné par les scandales.

Les députés du Parti Justice et Développement (PJD) (opposition) ont appelé à la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les marchés du médicament, après avoir accusé le ministre de la Santé et d’autres membres du gouvernement de “conflits d’intérêts” et d’“attribution de marchés en dehors des procédures légales”, provoquant une vive polémique autour de la transparence dans un secteur aussi sensible que celui de la santé.

Dans ce contexte, le député Mostafa Brahimi a demandé la mise en place d’une commission élargie pour enquêter sur les “irrégularités des laboratoires et des marchés du médicament”, affirmant que le ministère de la santé «est devenu un ministère des marchés», tout en dénonçant le favoritisme et l’apparition de nouvelles sociétés contrôlant les fournitures médicales.

Lors de l’examen de la première partie du projet de loi de finances 2026, Abdellah Bouanou, président du groupe parlementaire du PJD, a accusé le ministre de la Santé  Amine Tahraoui d’avoir attribué un marché d’importation d’un médicament depuis la Chine à une entreprise appartenant à un autre ministre sans le nommer, alors que le même médicament est produit localement. Il a affirmé que le contrat «a été conclu en dehors des procédures de négociation», qualifiant l’affaire de «conflit d’intérêts manifeste».

Bouanou a également révélé une autre affaire impliquant une clinique privée ayant obtenu un médicament anticancéreux, lui permettant de réaliser des profits estimés à 40 millions de dirhams en quelques semaines, après l’avoir acheté entre 600 et 800 dirhams et revendu 4.000 dirhams aux autres cliniques.

Il a critiqué le gouvernement, affirmant qu’il s’agit d’un «gouvernement de conflits d’intérêts et de scandales successifs», accusant l’exécutif «d’avoir augmenté les prix depuis 2022 et poussé toutes les catégories sociales à protester», tout en rappelant que le chômage est passé de 11,9 % à 13,1 %.

Le ministère dément… Bouanou insiste

Le ministère de la Santé a publié un communiqué niant «catégoriquement» avoir accordé des privilèges ou monopoles concernant l’importation du chlorure de potassium (KCl). Il a expliqué que la pénurie de cette substance vitale était due à l’arrêt temporaire d’une entreprise nationale, entraînant l’autorisation exceptionnelle de mise sur le marché de plusieurs sociétés pour l’importation jusqu’au rétablissement de la production locale.

Le ministère a ajouté que ces autorisations temporaires ne donnent aucune priorité dans les marchés publics, précisant que les achats ont été effectués «via un appel d’offres légal et transparent», et que les centres hospitaliers universitaires agissent de manière autonome selon les procédures en vigueur.

Des autorisations de mise sur le marché «exceptionnelles»

Cependant, le communiqué – publié tard dans la nuit – n’a pas démenti explicitement la possible implication du ministre propriétaire de la société, ni répondu à l’affaire du médicament anticancéreux, ce qui a poussé Bouanou à le qualifier de «texte vague» et de «tentative d’étouffer le débat».

Bouanou a également appelé à publier la liste des entreprises bénéficiaires des autorisations temporaires ATU, soulignant que «la transparence impose de rendre ces noms publics».

Pendant que l’opposition maintient sa demande de commission d’enquête parlementaire, le ministère insiste sur la régularité des procédures et sur la priorité donnée à la sécurité sanitaire nationale, dans un contexte où les appels à une réforme profonde du système de santé et de la politique de prix des médicaments au Maroc se multiplient.

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