Naufrage d’un « phantom boat » à Cadix : deux Marocains emportés par les flots

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Mort de deux Marocains après le chavirement d’un “go fast” lors d’une violente tempête au large de Cadix
Le hors-bord transportant les trois hommes disparus s'est échoué à La Victoria vendredi dernier. © Diario de Cadix

Deux jeunes Marocains ont trouvé la mort dans le naufrage d’une embarcation rapide de type « phantom » survenu la semaine dernière au large de Cadix, dans le sud de l’Espagne. Le drame s’est produit dans la nuit du jeudi à vendredi dernier en pleine tempête Claudia, dans des conditions maritimes extrêmes.

L’embarcation, utilisée selon toute vraisemblance pour des activités de contrebande, a été retrouvée à la dérive vendredi 14 novembre sur la plage de La Victoria de Cadix. Trois passagers, dont deux Marocains et un jeune originaire d’Algésiras, restent portés disparus.

Des recherches intensives suspendues

Les services de sauvetage espagnols ont annoncé la suspension des opérations de recherche actives après trois jours d’efforts infructueux. Le navire de sauvetage Suhail avait parcouru plus de 150 milles nautiques en quatre jours, affrontant des vents de 45 nœuds et des vagues de quatre mètres de hauteur. L’hélicoptère Helimer 206 et le navire María Zambrano avaient été mobilisés en renfort.

Les recherches resteront actives sous forme de vigilance accrue, avec des alertes envoyées aux capitaines de navires en cas de découverte d’éléments flottants.

Version du pilote contestée

Selon les médias espagnols, des membres des familles des disparus se sont rendus à Cadix dès le lendemain du drame, bravant une météo exécrable dans l’espoir de retrouver leurs proches. Sur place, colère et incompréhension prédominaient.

Les proches des victimes peinent à adhérer à la version du pilote du bateau, qui affirme avoir perdu le contrôle après une vague violente ayant projeté les trois jeunes à la mer dans l’obscurité totale. Or, selon plusieurs sources, la configuration de ces embarcations ultra-rapides, avec des passagers maintenus de façon quasi forcée sur leurs sièges, rend peu probable une éjection accidentelle.

Un trafic persistant malgré l’interdiction

Le drame s’est produit à plus de deux milles nautiques du château de San Sebastián, alors que la tempête Claudia faisait rage. Malgré une légère amélioration météorologique dimanche, la violence des intempéries avait considérablement réduit les chances de retrouver des survivants.

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Ce tragique événement rappelle la persistance du trafic maritime clandestin dans le détroit de Gibraltar. Malgré l’interdiction des « phantom boats » depuis 2018, ces embarcations ultrarapides continuent d’écumer les eaux du détroit, leurs moteurs constamment allumés par crainte d’interception.

Ces navires, devenus des outils de prédilection pour les réseaux de contrebande, représentent un danger mortel pour leurs occupants, particulièrement lorsque les éléments se déchaînent. Le drame de Cadix vient une nouvelle fois rappeler les risques extrêmes encourus par ceux qui tentent de défier la mer pour quelques milliers d’euros.

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