Le ministre de l'Éducation nationale, Mohamed Saad Berrada, a annoncé, ce mercredi, son engagement à…
“Ecoles ordinaires”: les propos du ministre Berrada déclenchent une vague d’indignation
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« Pour bien étudier, mon père m’a envoyé dans un pays lointain. » Une grande indignation s’est déclenchée après les propos du ministre de l’Education nationale, Mohamed Saad Berrada lors d’un meeting du RNI à Missour, et sa distinction entre écoles « ordinaires » et écoles « pionnières ».
Les réseaux sociaux, notamment Facebook, ont été envahis de publications furieuses contre Mohamed Saad Berrada, ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, après qu’il a déclaré que ceux qui veulent une bonne éducation pour leurs enfants doivent les inscrire dans les établissements les plus performants, même éloignés.
Lors d’un meeting du RNI à Missour, le ministre a déclaré : « Pour bien étudier, mon père m’a envoyé dans un pays lointain. J’ai quitté la maison. Et si vous voulez que vos enfants étudient bien, cherchez une bonne école, même en utilisant le transport scolaire. Cherchez une école communautaire de qualité. Ne rapprochez pas l’école du douar, rapprochez le douar de la meilleure école. »
Les réactions ont fusé sur les réseaux sociaux. «Le ministre Berrada a dit : Celui qui veut bien éduquer son enfant doit l’emmener à l’école la plus éloignée. Un résumé effrayant de la philosophie d’un gouvernement qui voit l’école publique comme un fardeau, sans la considérer comme un droit constitutionnel ni un investissement pour l’avenir du pays », écrit dans un post Fatima Zohra Tamni, députée de la Fédération de la gauche démocratique (FGD).
Selon l’élue, lorsque le ministre demande aux citoyens d’emmener leurs enfants à l’école la plus éloignée, il reconnait trois vérités graves: «Votre échec (du ministre) à offrir une éducation publique de proximité, équitable et de qualité; la transformation de l’école en privilège social: ceux qui ont voiture et argent y accèdent, les autres subissent leur sort; et la mort de la justice territoriale: le citoyen n’obtient plus son droit là où il habite, mais là où il peut se déplacer».
Un problème politique
« Avant de demander aux citoyens de parcourir des kilomètres pour une école, faites d’abord un pas vers le respect de l’intelligence des Marocains. L’école n’est pas une distance, mais un avenir. Si le gouvernement ne parvient pas à la construire près des gens, le problème n’est pas géographique mais politique », conclut la députée de la FGD.
De son côté, Amina Maelainine, dirigeante du Parti justice et développement (PJD), considère que « la communication du gouvernement Akhannouch est un énorme dysfonctionnement accidentel révélateur d’un dysfonctionnement structurel profond ».
Un bon gestionnaire ne doit pas être mauvais communicateur
« Je crois qu’un bon gestionnaire ne peut pas être mauvais communicateur, et inversement. Il peut être discret, certes, mais quand il communique, il doit bien le faire », souligne l’ancienne députée de Guelmim, confiant avoir ressenti « une grande amertume », comme tous ceux qui se soucient du système éducatif et en connaissent les subtilités.
Selon elle, la communication du ministre — qui tentait de présenter une « recette publicitaire » pour un « produit » vu avec l’œil d’un chef d’entreprise — a été catastrophique. Il parlait des écoles pionnières comme s’il s’agissait d’écoles privées qu’il faut aller chercher loin, rappelant que son propre père l’avait envoyé dans un pays étranger pour une bonne éducation.
Les « écoles ordinaires » parents pauvres de la tutelle
Maelainine critique aussi l’attaque de Kayouh contre les écoles « ordinaires », où se trouveraient, selon lui, « les pires enseignants », à peine diplômés — alors même qu’il est responsable de l’intégration prochaine de milliers de nouveaux enseignants, eux aussi fraîchement diplômés.
Elle ajoute que le responsable gouvernemental demande aux parents d’assumer un rôle qui incombe à l’État: « Il est inutile de critiquer ce genre de responsables : ils ne sont que le produit d’un système politique qui les a choisis, installés et dotés d’un ministère qu’ils ne maîtrisent pas. »
Question de distance
« Et si de tels responsables se taisaient ? Ce serait mieux que leur communication. Ils ont les moyens de bâtir une machine de communication efficace, mais s’entourent de gens qui leur ressemblent, avec les résultats que l’on voit. Cela suscite beaucoup de tristesse pour notre réalité collective », se demande la militante conservatrice.
