Melilia: des troupes espagnoles s’entraînent aux tirs de missiles antichars

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Melilia occupée : manœuvres militaires espagnoles intensives 
La 1re compagnie du Tabor « Alhucemas » I/52 du Groupe régulier n° 52 de Sebta (GREG 52) effectue des tirs de missiles antichars © DR

Une unité militaire espagnole, le bataillon Alhucemas I/52 relevant du Groupe de réguliers de Melilia n°52 (GREG 52), a mené ces derniers jours un programme d’entraînement axé sur le renforcement des compétences en tir de missiles antichars, ainsi qu’une série d’exercices “Alpha” destinés au contrôle de zones, à la lutte contre l’insurrection et à l’intervention dans des environnements complexes.

Citant l’armée de terre espagnole, les médias espagnoles indiquent que ces activités s’inscrivent dans le cadre du plan d’entraînement permanent de l’unité et visent à maintenir la préparation opérationnelle de ses membres.

L’entraînement s’est déroulé en deux volets. Le premier a porté sur des séances de tir de missiles antichars afin d’améliorer la précision, la coordination et l’application des procédures d’usage de ces armes. L’objectif est de garantir la capacité des opérateurs à agir efficacement dans des situations réelles, où la rapidité d’acquisition de la cible et la bonne séquence de tir sont déterminantes.

Le second a concerné des exercices “Alpha”, une série de manœuvres simulant la prise de contrôle de territoires et la réponse aux menaces irrégulières, incluant l’installation de points de contrôle, l’inspection de véhicules et de personnes, la mise en place de mesures de sécurité et certaines actions liées aux opérations de contre-insurrection.

Le Maroc, première menace pour l’Espagne? 

Ces exercices interviennent alors qu’un récent sondage révèle qu’une part importante de la population espagnole considère le Maroc comme une menace pour l’EspagneUn sondage réalisé par l’Institut royal Elcano début de juillet dernier et fortement relayé par la presse espagnole révélait une évolution significative dans la perception des menaces extérieures par les citoyens espagnols. Pour 55 % des personnes interrogées, le Maroc représente désormais la principale menace pour leur pays, devant la Russie (33 %) et les États-Unis (19 %).

Sebta et Melilia, première ligne de défense

Ce chiffre marque une progression spectaculaire comparée aux années précédentes, notamment une hausse de 6 % par rapport à l’année dernière (49 %). Cette tendance est beaucoup plus importante par rapport à 2021 lorsque 35 % des Espagnols désignaient le Maroc comme une menace.

Lors de la dernière enquête menée entre le 19 et le 29 mai sur un échantillon représentatif de 1.000 personnes, y compris dans les présides occupés de Sebta et Melilia, ils étaient plus de la moitié à considérer le Maroc comme la principale menace étrangère pour le voisin du nord.

Le poids d’un passé récent et de tensions non résolues

Selon les médias ibériques, cette tendance s’inscrit dans la continuité des tensions diplomatiques ayant éclaté en 2021, notamment lors de l’afflux soudain de migrants vers l’enclave occupée de Sebta, que les autorités espagnoles ont interprété comme un acte de pression géopolitique de la part de Rabat.

Bien que l’apaisement semble amorcé depuis le soutien de Pedro Sánchez à l’initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara, la méfiance populaire ne faiblit pas.

Une perception influencée par les clivages politiques

L’enquête révèle une forte disparité selon l’orientation politique des répondants: 56 % des électeurs de droite perçoivent le Maroc comme une menace, contre seulement 29 % chez les électeurs de gauche et 38 % chez les centristes.

Lire aussi: “Non, le Maroc ne constitue pas une menace pour l’Espagne” (générale espagnole)

Cette polarisation reflète une lecture idéologique des relations maroco-espagnoles, notamment autour des revendications historiques du Maroc sur Sebta et Melilia.

Un sentiment d’isolement stratégique face à Rabat

Dans une déclaration au quotidien El País, Ignacio Molina, chercheur et co-auteur de l’étude, soulignait que le sentiment d’insécurité face au Maroc est d’autant plus fort qu’il n’entre pas dans le cadre de la protection militaire de l’OTAN, contrairement à la Russie. « De larges pans de la droite espagnole estiment que le Maroc teste régulièrement les lignes rouges de la relation bilatérale », a-t-il précisé.

Cette tendance a été renforcée par le retour de Donald Trump –considéré comme un allié du Maroc– à la Maison Blanche. Depuis lors, la perception des États-Unis comme menace a fortement augmenté, passant de 5 % en 2024 à 19 % en 2025. Cette hausse est attribuée également à la crainte de politiques économiques protectionnistes ou de décisions unilatérales susceptibles de nuire aux intérêts européens.

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