Exportations industrielles: les phosphates et l’aéronautique décollent, l’automobile ralentit (Office des changes)

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Un employé travaille dans une usine aéronautique à Nouaceur, au sud de Casablanca. Crédit: AFP

Les exportations industrielles marocaines affichent à fin octobre 2025 une progression modérée de 2,6% à 385,2 milliards de dirhams, mais les performances sectorielles révèlent un paysage contrasté: certaines filières tirent la croissance, d’autres reculent nettement.

Les derniers indicateurs des échanges extérieurs publiés par l’Office des changes confirment une dynamique industrielle à deux vitesses. Globalement, les exportations se sont établies à 385,2 milliards de dirhams, en hausse de 2,6% par rapport à la même période en 2024. Mais cette progression reste insuffisante pour compenser la forte hausse des importations (+9,4% à 682,2 MMDH), ce qui creuse le déficit commercial à 296,9 MMDH, en aggravation de près de 20%.

Les locomotives: phosphates, aéronautique et plasturgie

Le complexe phosphatier reste le moteur le plus solide. Les exportations de phosphates et dérivés ont atteint 80,6 MMDH, en hausse de 16,7%. Cette performance est portée par les ventes de phosphates bruts (+33,9%), d’acide phosphorique (+12,8%) et d’engrais chimiques (+15,5%).

L’aéronautique confirme également sa montée en puissance. Les exportations du secteur progressent de 8,3% à 23,65 MMDH, grâce à la hausse des ventes des systèmes de câblage électrique (EWIS) et des activités d’assemblage (+8,4% chacun).

Autre point de satisfaction, les industries lourdes. La métallurgie et le travail des métaux performent de +21% et la plasturgie est dopée de moitié avec un exploit de +48%.

Les secteurs en retrait

À l’inverse, l’automobile, premier secteur exportateur du pays, enregistre un recul de 3,1%. Les ventes à l’étranger diminuent, affectées par une baisse des segments construction et câblage, ce qui pèse sur la dynamique globale.

Le textile et cuir, autre filière majeure, affiche également une contraction à -3,9%. Les exportations reculent, traduisant une demande internationale moins soutenue et une compétitivité fragilisée face aux coûts et aux exigences de durabilité.

Lire aussi. Echanges extérieurs : le déficit s’alourdit, signaux positifs côté services et IDE

Idem pour l’agroalimentaire et le segment électronique et l’électricité, baissant respectivement de 3,6% et de 8,6%. Le secteur des extractions minières a aussi pâti de -9,6%, et l’industrie pharmaceutique de -2,1%.

Exportations industrielles contrastées

Ces chiffres traduisent une réalité contrastée: des locomotives solides comme les phosphates et l’aéronautique, mais des filières en difficulté comme l’automobile et le textile. L’Office des changes souligne que cette configuration pèse sur la balance commerciale, dont le taux de couverture recule à 56,5%.

En clair, l’on constate une avancée à deux vitesses, bien loin des discours officiels. La réussite de la stratégie industrielle dépendra de la capacité à diversifier les filières et à renforcer la compétitivité des secteurs en difficulté, afin de réduire les vulnérabilités d’une balance commerciale sous pression.

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