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Maroc : 60 % des entreprises disparaissent avant trois ans (rapport)
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L’Observatoire marocain de la très petite, petite et moyenne entreprise (OMTPME) a publié mercredi son rapport annuel 2025. Ce document de 178 pages dresse un état des lieux sans filtre du tissu productif national du Maroc en 2024, soulignant les performances ainsi que les vulnérabilités structurelles.
Présenté par la directrice exécutive de l’observatoire, Amal Idrissi, ce rapport a été élaboré sur la base d’un corpus de données officielles actualisées, comme les déclarations fiscales et l’ensemble des entreprises formellement constituées.
L’analyse de ce corpus, effectuée par l’OMTPME, confirme une dynamique de création d’entreprises soutenue, portée par la catégorie des entreprises morales (EPM). Quelques 95.673 entreprises ont globalement été enregistrées, dont 67.796 EPM. Ce chiffre est en croissance de 5,5% par rapport à 2023. Par contre, le nombre d’entreprises de personnes physiques (EPP), est lui en baisse de 5,7% entre 2023 et 2024.
Autre facette révélée par l’analyse en profondeur des données liées à cette densité de la création d’entreprises, c’est la grande fragilité de leur pérennité. En effet, près de 60% d’entre elles n’ont pas dépassé le cap des trois premières années d’activité.
MTPPE: faible intensité économique et défaillance accrue
Par ailleurs, le tissu entrepreneurial reste dominé par les très petites entreprises, identifiées dans le rapport comme les micro entreprises (ME), les Très petites entreprises (TPE), les Petites entreprises (PE); et regroupées sous le sigle MTPPE. Ces dernières ont constitué en 2024, un total de 98,5% du tissu productif national, et les Moyennes entreprises (ME) et les Grandes entreprises (GE), ont cumulé 1,5% de l’ensemble.
Toutefois, leur poids économique demeure largement en deça de celui des Moyennes entreprises (ME) et des grandes (GE). Les MTPPE concentrent, selon le rapport, 23,5% du chiffre d’affaires global et peinent à franchir les seuils critiques de croissance. Le rapport souligne que «la majorité des TPME opèrent dans des secteurs à faible valeur ajoutée, avec une faible capacité d’investissement et une exposition accrue aux chocs exogènes».
Concernant les dissolutions d’entreprises, l’Observatoire présente des chiffres tout autres que ceux circulant. Comparée à l’année de référence 2023, la dissolution des entreprises PM augmenté de 6,3% en 2024, s’établissant à 11.596 entreprises. Cette tendance haussière reste principalement portée par les entreprises des secteurs du commerce, de la réparation d’engins (automobiles et motocycles), et de la construction. Les entreprises de ces secteurs précités cumulent 48,8% des taux de cessation d’activité .
MTPPE: l’accès au financement, un verrou toujours actif
Le rapport revient longuement sur la question de l’accès au financement, identifié comme l’un des principaux freins à la croissance des MTPPE. Malgré les dispositifs publics et les lignes de crédit dédiées, leur part dans l’encours global des crédits bancaires reste inférieure à 20%.
Pour y remédier, l’Observatoire appelle à une refonte des mécanismes de garantie, à une meilleure articulation entre les dispositifs publics et les acteurs privés, et à une simplification des procédures d’accès au crédit. Il plaide également pour un renforcement du capital patient et une mobilisation accrue des instruments de quasi-fonds propres.
OMTPME: informel et transition numérique, les autres lignes de fracture
Enfin, la transition numérique reste inégalement engagée. Si certaines entreprises ont su intégrer les outils digitaux dans leur fonctionnement, une majorité reste à la traîne, faute de compétences, d’accompagnement ou de moyens. L’Observatoire appelle à un plan d’action ciblé pour accélérer la digitalisation des MTPPE, en lien avec les objectifs de transformation économique du pays.
Il ressort en définitive du rapport 2025 de l’OMTPME, la vitalité entrepreneuriale du Maroc en 2025, mais des limites structurelles qui freinent la montée en puissance des plus petites. Faible résilience, accès au financement restreint, poids de l’informel et retard numérique restent principalement les défis à relever pour faire de la petite entreprise un véritable levier de croissance inclusive et durable.
