"Un cas d'école de sérialité": le parquet de Grenoble a lancé mardi un vaste appel…
Affaire Leveugle: le Maroc au cœur du parcours d’un prédateur sexuel international
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Pendant plusieurs années, Jacques Leveugle était une figure respectée et aimée à Khénifra. Aujourd’hui, ce Français de 79 ans est au cœur d’une enquête internationale d’une ampleur terrifiante.
L’affaire Jacques Leveugle, du nom de cet ancien éducateur français de 79 ans mis en examen pour 89 viols et agressions sexuelles sur mineurs, a pris une dimension internationale. Le Maroc, où l’homme a résidé durant plusieurs années, se retrouve au cœur d’un dossier tentaculaire qui secoue l’opinion publique.
Selon le procureur de Grenoble, Leveugle a reconnu l’intégralité des faits consignés dans ses mémoires numériques, confirmant avoir commis des agressions sexuelles lors de ses séjours au Maroc, ainsi que dans huit autres pays où il intervenait auprès d’adolescents âgés de 13 à 17 ans.
Le Maroc occupe une place centrale dans la trajectoire du septuagénaire. Jacques Leveugle a vécu près de vingt ans à Khénifra, dans le quartier populaire de Taghzout, où il jouissait d’une réputation de bienfaiteur. Il y offrait soutien scolaire, aide financière, matériel et même des bivouacs pour les jeunes du quartier, rapporte l’
Leveugle était connu sous plusieurs surnoms, en darija comme en amazighe, signe de son intégration profonde dans la vie locale. TelQuel, qui a reconstitué son long séjour, rappelle qu’il était devenu une figure familière de la ville, sans que personne ne soupçonne son passé criminel ni les violences qu’il aurait commises ailleurs.
Sidération à Khénifra
Les éléments de l’enquête française montrent que Leveugle agissait principalement dans des contextes éducatifs ou de soutien scolaire, profitant de sa position d’autorité pour approcher des adolescents vulnérables. Il aurait ainsi commis des agressions sexuelles dans neuf pays, dont le Maroc, l’Algérie et le Niger, où il exerçait des activités d’enseignement ou d’encadrement de jeunes.
Cette dimension éducative est particulièrement sensible dans le royaume, où il intervenait auprès de jeunes issus de milieux modestes, souvent en quête d’un soutien scolaire gratuit ou d’un mentor.
La sidération règne à Khénifra. RFI rapporte que plusieurs anciens élèves marocains se disent “abasourdis” par les révélations, eux qui voyaient en “Monsieur Jacques” un homme cultivé, généreux et très impliqué dans leur réussite scolaire. Certains affirment n’avoir jamais perçu le moindre signe de danger, ce qui renforce aujourd’hui leur sentiment de trahison.
Pour beaucoup, l’affaire révèle une double vie glaçante: celle d’un homme qui, en apparence, aidait les jeunes les plus vulnérables, tout en dissimulant un passé criminel et des comportements prédateurs.
Pourquoi le Maroc intéresse particulièrement les enquêteurs français
Selon les médias, les enquêteurs français s’intéressent de près au Maroc, et plus précisément à Khénifra, où Leveugle a résidé le plus longtemps hors de France. La ville pourrait abriter des victimes potentielles qui ne se sont pas encore manifestées, soit par méconnaissance de l’affaire, soit par crainte ou honte.
Le parquet de Grenoble a d’ailleurs lancé un appel à témoins international, explicitement destiné à encourager d’éventuelles victimes marocaines à se signaler. Le procureur Étienne Manteaux a levé l’anonymat du suspect, estimant que “son nom doit être connu” pour permettre aux victimes de sortir du silence.
