L'archevêque de Rabat a affirmé mardi avoir "coopéré pleinement" avec les autorités marocaines et étrangères…
Prêtre français accusé d’abus sexuels à Casablanca: “Touche pas à mon enfant” exige une enquête indépendante
Publié le
L’ONG marocaine Touche pas à mon enfant appelle à une enquête judiciaire indépendante après la fuite d’un prêtre français accusé d’avoir agressé sexuellement des mineurs réfugiés dans un centre religieux à Casablanca. Le père Antoine Exelmans aurait quitté le Maroc dès l’ouverture d’une enquête, suscitant l’indignation des défenseurs des droits de l’enfant.
L’organisation marocaine Touche pas à mon enfant a exprimé une vive inquiétude après la publication d’une enquête journalistique révélant des abus sexuels présumés contre des mineurs réfugiés hébergés dans un centre d’accueil religieux à Casablanca.
Selon le communiqué de l’ONG, le religieux étranger mis en cause, Antoine Exelmans, aurait quitté le territoire marocain peu après l’ouverture d’une enquête judiciaire sur ces faits d’une extrême gravité à la suite de la publication d’une enquête par le confrère Enass. “Ces crimes constituent une violation flagrante des droits de l’enfant et une trahison morale envers des jeunes venus chercher sécurité et dignité au Maroc”, déplore l’organisation.
Elle fustige également le silence ambigu de l’institution religieuse concernée, accusée d’avoir adopté une attitude “équivoque” en plaçant victimes et suspect sur le même plan, au lieu d’assumer pleinement ses responsabilités éthiques et légales.
Les demandes clés de l’ONG
Touche pas à mon enfant formule plusieurs revendications urgentes. Parmi les plus importantes, elle réclame l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante et exhaustive, afin d’identifier tous les auteurs, complices ou responsables d’un éventuel manquement au devoir de signalement ainsi que l’activation des mécanismes juridiques internationaux pour localiser et poursuivre le fugitif, en coordination avec les autorités étrangères.
L’ONG présidée par Najat Anwar demande aussi la prise en charge psychologique et sociale immédiate des victimes mineures ainsi que le renforcement du contrôle sur les centres religieux et associatifs accueillant des enfants, afin de garantir le respect des normes de protection de l’enfance.
Des sources proches du dossier ont confirmé à H24Info que le religieux français fait actuellement l’objet d’une mesure d’assignation à résidence en France, dans l’attente d’une évolution de l’enquête judiciaire ouverte au Maroc.
Le prêtre visé par des procédures disciplinaires
Ces mêmes sources précisent que Mgr Cristóbal López Romero, archevêque de Rabat, avait entrepris dès 2024 les procédures canoniques disciplinaires prévues par le droit de l’Église catholique, après réception d’une plainte formelle contre le moine.
En juillet 2024, Mgr Romero avait lui-même reconnu avoir été informé d’un comportement du religieux “susceptible d’impliquer des abus envers des personnes en situation de vulnérabilité”. Il aurait ensuite transmis toutes les informations disponibles aux autorités marocaines, affirmant sa volonté de coopérer pleinement avec la justice du Royaume.
Lire aussi. Casablanca: un prêtre français accusé de violences sexuelles sur des réfugiés mineurs
Touche pas à mon enfant rappelle que les crimes sexuels commis sur des mineurs sont imprescriptibles et souligne la responsabilité collective de l’État, de la société civile et des institutions religieuses dans la protection des enfants en situation de vulnérabilité. “Nous suivrons ce dossier jusqu’à ce que justice soit rendue et que les victimes soient réhabilitées”, conclut l’ONG, appelant tous les acteurs publics et privés à s’unir contre toute forme d’exploitation ou de violence envers les enfants au Maroc.
Un test pour la coopération judiciaire franco-marocaine
Cette affaire met également à l’épreuve la coopération judiciaire entre le Maroc et la France, notamment en matière de crimes sexuels transfrontaliers.
Les défenseurs des droits de l’enfant insistent sur la nécessité d’un suivi diplomatique et judiciaire rigoureux afin d’éviter que des auteurs présumés d’abus sur mineurs ne bénéficient d’une impunité de fait liée à leur statut religieux ou à leur nationalité.
