Sebta et Melilia: inquiétude en Espagne face à un possible mouvement marocain pour récupérer ses présides

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Tensions Madrid-Washington: inquiétude en Espagne face à un mouvement marocain pour récupérer ses présides Sebta et Melilia
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La presse espagnole alerte sur les conséquences stratégiques du différend entre Madrid et Washington et évoque le rôle croissant du Maroc et des craintes espagnoles sur le dossier des présides occupés de Sebta et Melilia.

La montée des tensions entre l’Espagne et les États-Unis suscite une inquiétude croissante dans les milieux politiques et militaires à Madrid, selon une analyse publiée par le quotidien espagnol ABC.

Au cœur du différend figure la décision du gouvernement de Pedro Sánchez de refuser l’utilisation des bases militaires de Rota et Morón dans le cadre de l’opération militaire américaine contre l’Iran.

Un signal jugé négatif pour Washington

Selon le rapport, cette décision a conduit Washington à redéployer certains de ses avions vers d’autres bases européennes, un mouvement interprété par plusieurs experts comme un signal politique négatif dans un contexte international particulièrement sensible.

Des analystes estiment que cette situation pourrait affaiblir la confiance entre les deux alliés et avoir des répercussions sur la coopération militaire et économique.

Le facteur marocain dans les calculs stratégiques

Le journal évoque également les préoccupations exprimées par certaines sources militaires et diplomatiques espagnoles, qui estiment que toute détérioration durable des relations avec Washington obligerait Madrid à tenir davantage compte du rôle du Maroc dans l’équation régionale.

Selon ces analyses, le scénario le plus préoccupant serait un mouvement unilatéral marocain visant à exercer une pression diplomatique sur la question de Sebta et Melilia.

Cette inquiétude s’inscrit dans un contexte où Rabat a renforcé ses relations militaires et stratégiques avec plusieurs partenaires occidentaux.

La protection de l’OTAN pour se maintenir à Sebta et Melilia

Le rapport souligne également que les deux enclaves espagnoles en Afrique du Nord ne sont pas explicitement mentionnées dans le champ d’application de l’article 5 du traité de l’OTAN, relatif à la défense collective.

Cette ambiguïté juridique alimente les préoccupations de certains milieux de défense en Espagne, qui craignent qu’un affaiblissement des liens avec Washington puisse réduire la capacité de dissuasion espagnole.

Le spectre d’une « Marche verte du XXIᵉ siècle »

Dans ce contexte, certains analystes vont très loin en évoquant la possibilité théorique d’une mobilisation populaire massive inspirée de la Marche Verte, mais dirigée cette fois vers les présides occupés de Sebta et Melilia.

La référence renvoie à la Marche Verte de 1975, lorsque plus de 350.000 civils marocains avaient été mobilisés pour entrer dans le Sahara occidental afin de pousser l’Espagne à quitter le territoire.

Selon ces experts cités par la presse espagnole, une telle stratégie, même symbolique ou limitée, pourrait placer Madrid dans une situation délicate si le soutien américain ou celui de l’OTAN apparaissait incertain.

Une recomposition des alliances

Pour ABC, les évolutions géopolitiques actuelles illustrent une recomposition des alliances fondée sur la confiance et les intérêts stratégiques.

Lire aussi: Capacités militaires: l’Espagne face à la montée en puissance accélérée du Maroc

Dans une région marquée par une compétition croissante, toute fissure dans les relations internationales pourrait devenir un levier de pression dans des dossiers sensibles pour Madrid.

Le Maroc se se positionne pas comme alternative

Notons par ailleurs que le Maroc, toujours selon des sources espagnoles, ne s’est pas positionné comme alternative après le refus de Madrid d’utiliser ses bases contre l’Iran sur fond de tensions entre l’Espagne et les États-Unis. Dans ce contexte tendu, l’hypothèse d’un recours à des installations au Maroc comme solution de repli n’a pas été concrétisée. Rabat ne s’est pas présenté comme alternative logistique aux bases espagnoles.

Lire aussi: Après le refus espagnol, le Maroc décline l’idée d’un «plan B» pour frapper l’Iran

«Malgré certaines spéculations désignant le Maroc comme un emplacement alternatif possible pour les forces américaines, les données disponibles indiquent que Washington est actuellement déterminé à investir dans la base de Rota et à l’agrandir, à la maintenir comme un centre clé pour projeter l’influence américaine en Méditerranée, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, et à éviter tout déménagement immédiat», écrit le quotidien de droite La Razon.

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