Maroc : un hiver exceptionnel met fin à sept années de sécheresse

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Météo : les couleurs du ciel et les températures attendues ce jeudi 26 mars 
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Des précipitations abondantes, un enneigement massif et des records pluviométriques battus dans plusieurs régions ont permis au Royaume de renouer avec des niveaux d’eau inédits depuis plus d’une décennie, offrant un répit crucial aux barrages, aux nappes phréatiques et au secteur agricole.

Après sept années de déficit hydrique, le Maroc a enfin renoué avec un hiver exceptionnellement arrosé. La saison 2025‑2026 restera comme un tournant majeur, marquant le retour d’un cycle hydrologique plus favorable. Avec des précipitations abondantes et un enneigement remarquable, le paysage du Royaume a été profondément transformé.

Selon le dernier bilan de la Direction générale de la météorologie, le cumul pluviométrique moyen national a atteint 136 mm, soit presque le double de la normale saisonnière fixée à 71 mm. L’hiver qui s’achève ne s’est pas contenté d’être humide : il s’est hissé au troisième rang des saisons les plus pluvieuses depuis 1981, juste derrière les hivers de 1996 et 2010. La fréquence des épisodes pluvieux a également été exceptionnelle, avec 36 jours de pluie en moyenne contre 17 habituellement, et plusieurs villes ont battu leurs records historiques de jours pluvieux.

Cette situation s’explique par une configuration atmosphérique rare. L’affaiblissement du vortex polaire a dévié le Jet Stream vers le Maroc, repoussant l’anticyclone des Açores et ouvrant un corridor à des masses d’air très humides. Ces « rivières atmosphériques » ont provoqué des cumuls spectaculaires, notamment à Tanger où 1 296 mm ont été enregistrés, pulvérisant le précédent record de 1996. À Nouasser, Sidi Slimane et d’autres localités, les précipitations ont également dépassé les seuils historiques. Mais après sept ans de sécheresse, des sols trop secs n’ont pas pu absorber ces pluies intenses, entraînant des inondations par ruissellement.

Les montagnes ont, elles aussi, retrouvé leur rôle de château d’eau du Royaume. Le 18 décembre 2025, la surface enneigée a atteint 55 495 km², un niveau inégalé depuis 2019. Cette couverture s’est maintenue au‑dessus des 20 000 km² durant une grande partie de l’hiver, assurant une recharge essentielle des nappes phréatiques et des barrages.

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Sur le plan thermique, la saison a été marquée par de forts contrastes. Si la moyenne nationale affiche une légère anomalie positive de +0,15 °C, elle masque un début d’hiver froid suivi d’un basculement brutal vers des températures exceptionnellement élevées fin février. Certaines villes ont connu des valeurs dignes d’un mois d’été, avec 35,1 °C à Smara, 33,1 °C à Taroudant ou encore 30,4 °C à Marrakech.

L’hiver 2025‑2026 offre ainsi au Maroc un répit hydrique crucial. Malgré les dégâts causés par les inondations, l’abondance des pluies et de la neige redonne de l’espoir pour la saison agricole et la gestion des ressources en eau. Après des années de stress hydrique, le Royaume entrevoit enfin une amélioration durable de sa situation hydrologique.

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