Les prévisions initiales révèlent que la production céréalière au titre de la campagne agricole 2024-2025…
Maroc: la récolte céréalière attendue en forte hausse après un hiver exceptionnel
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Portée par un hiver exceptionnellement pluvieux, la récolte céréalière s’annonce en forte hausse au Maroc. Après plusieurs années de sécheresse, les professionnels du secteur anticipent un rebond majeur de la production, soutenu par des rendements élevés et des conditions hydriques nettement améliorées.
Après plusieurs années de stress hydrique, les cultivateurs de céréales marocains renouent avec l’optimisme. Grâce à une pluviométrie exceptionnelle, le secteur anticipe une récolte pouvant atteindre jusqu’à 9 millions de tonnes, malgré les inondations localisées dans le Nord-Ouest.
Le soulagement est palpable chez les céréaliers et les minotiers. Dans une déclaration à Reuters, Omar Yacoubi, président de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL), estime la production de cette campagne entre 8 et 9 millions de tonnes, dont environ 5 millions de tonnes de blé tendre. L’an dernier, la moisson n’avait atteint que 4,4 millions de tonnes.
Ce rebond spectaculaire s’explique par une météo particulièrement favorable, les précipitations hivernales ayant dépassé de 34% la moyenne des trente dernières années et ayant été trois fois supérieures à celles de l’an dernier.
Des inondations à impact limité
Cette abondance s’est immédiatement reflétée sur les ressources hydriques: le taux de remplissage des barrages est passé de 25% à 70%. Parallèlement, la superficie emblavée en céréales a progressé pour atteindre 3,7 millions d’hectares, contre 2,6 millions lors de la campagne précédente.
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Le Nord-Ouest a été touché par des crues ayant détruit environ 110.000 hectares, mais l’impact global sur la production nationale devrait rester limité. Les pertes seront compensées par des rendements exceptionnels dans les autres grandes plaines.
Selon la Fédération nationale de la minoterie (FNM), la qualité des cultures, dopée par les pluies, devrait encourager de nombreux petits agriculteurs à commercialiser davantage leur production, alors qu’ils en conservent habituellement une partie pour l’autoconsommation.
Contraste
Mais malgré ces perspectives favorables, les importations restent dynamiques. Entre juin 2025 et janvier 2026, le Maroc a importé 7 millions de tonnes de céréales, en hausse de 12% en glissement annuel, dont 3,2 millions de tonnes de blé tendre.
La France demeure de loin le premier fournisseur du Royaume, avec 2,26 millions de tonnes de blé tendre livrées sur la période. Elle est suivie par l’Argentine, qui a exporté 233.144 tonnes, et la Russie avec 227.070 tonnes. L’Allemagne arrive ensuite avec 120.084 tonnes, tandis que les États-Unis complètent la liste avec 94.688 tonnes.
Et pour la campagne en cours, les exportateurs français prévoient de couvrir environ deux tiers des besoins marocains en blé tendre, soit près de 3,5 millions de tonnes.
Depuis la mi-décembre, tempêtes et fortes houles perturbent le déchargement du blé importé dans les ports de Casablanca et Jorf Lasfar. Près de 70 navires, transportant 1 million de tonnes, patientent au large, générant des surcoûts estimés à 20.000 dollars par jour et par navire.
Les professionnels demandent au gouvernement de prolonger la fenêtre de subvention aux importations jusqu’au 1er juin, afin d’absorber ces coûts exceptionnels.
En plus de la récolte nationale, le Maroc entend reconstituer ses réserves stratégiques grâce au blé local, tout en maintenant un flux d’importations suffisant pour garantir la sécurité alimentaire du pays.
