La croissance économique nationale s'établirait à 3,2% au troisième trimestre de l'année 2024 (T3-2024), au…
Maroc: une croissance de 4,8% au T2, avant une accélération à 5,4% au T3 (HCP)
Publié le
Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) prévoit une croissance de l’économie marocaine de 4,8% au deuxième trimestre, avant une progression de 5,4% au troisième trimestre.
L’économie marocaine continue d’afficher une trajectoire favorable en 2026. Dans sa dernière note de conjoncture, le Haut-Commissariat au plan (HCP) fait état d’une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 4,8% au 2e trimestre, contre 4,6% au trimestre précédent, grâce notamment au redressement de l’agriculture, à la solidité des services et à une reprise progressive des activités industrielles.
En effet, favorisée par une campagne plus favorable, la valeur ajoutée de l’agriculture aurait progressé de 20,5% au 2e trimestre, après une hausse de 18,4% en début d’année. Les services, soutenus par les bonnes performances du tourisme, du commerce et des transports, auraient également continué de jouer un rôle moteur avec une croissance estimée à 4,3%.
En revanche, malgré les bonnes performances des filières agroalimentaire et automobile, la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière n’a progressé que de 0,3%, pénalisée par le ralentissement des industries du textile, de la chimie et de l’électrique, dans un contexte d’affaiblissement de la demande extérieure.
La prolongation du conflit en Iran au 2e trimestre 2026 aurait accentué les perturbations de l’économie mondiale, affectant simultanément les chaînes d’approvisionnement et les coûts du transport maritime. Dans cet environnement ne permettant guère d’apport de l’extérieur, la croissance économique nationale aurait fait preuve de résilience, affichant une amélioration de 4,8%, après +4,6% au premier trimestre.
Croissance: demande intérieure dynamique et inflation maîtrisée
La demande intérieure demeure le principal moteur de la croissance. La consommation des ménages aurait progressé de 4,7% au 2e trimestre, soutenue par l’amélioration des revenus, notamment en milieu rural, le retour des dépenses liées à l’Aïd Al-Adha et la poursuite du développement du crédit aux ménages, précise la note du HCP.
L’investissement reste également bien orienté, même si son rythme ralentit légèrement. La formation brute de capital est attendue en hausse de 9,4% au 2e trimestre après une progression de 10,8% au premier trimestre, dans un contexte marqué par la hausse des coûts de production et une normalisation progressive du cycle d’investissement des entreprises.
Sur le front des prix, le HCP prévoit une inflation limitée à 1,1% au 2e trimestre, après un léger recul de 0,1% au trimestre précédent. Cette évolution s’explique principalement par le renchérissement des carburants, tandis que les prix alimentaires poursuivent leur baisse, bien qu’à un rythme moins marqué en raison de la hausse des prix des viandes rouges.
Dans le même temps, les conditions monétaires seraient démeurées favorables au 2e trimestre. Le crédit bancaire a continué de progresser, la masse monétaire s’est accélérée de 12,1% sur un an et Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à 2,25% pour le cinquième trimestre consécutif.
Une croissance plus forte attendue au 3e trimestre
Pour le troisième trimestre, le HCP anticipe une accélération de la croissance à 5,4%. Cette amélioration serait portée par une reprise des industries manufacturières et extractives, favorisée par un redressement du commerce mondial et une demande plus soutenue pour les dérivés du phosphate. L’agriculture devrait conserver un rythme de croissance élevé (+19,9%), tandis que les services poursuivraient leur progression (+4,4%).
La consommation des ménages continuerait d’alimenter cette dynamique, avec une hausse attendue de 4,9%, tandis que l’investissement productif retrouverait davantage de vigueur (+11,1%), grâce notamment aux projets d’infrastructures portuaires, routières et hydrauliques.
Les risques demeurent toutefois orientés à la baisse. Les tensions géopolitiques persistantes, leurs effets sur les prix de l’énergie et les coûts de production, ainsi que les incertitudes pesant sur le commerce mondial pourraient freiner cette dynamique, même si les fondamentaux de l’économie marocaine restent solides, avertit le HCP.
