Importations de céréales: le Maroc ajuste sa stratégie face aux tensions sur le marché international

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Alors que les stocks mondiaux de blé ont atteint leur niveau le plus bas depuis 2016-2017 d’après le dernier rapport « World Agricultural Supply and Demand Estimates (WASDE) » de l’USDA, publié ce moi d’août, le Maroc a réalisé une baisse de 11 % de ses importations de céréales sur les sept premiers mois de 2025.  Y a-t-il une corrélation entre ses deux éléments?

Interrogé si le choix du Maroc de réduire ses importations de céréales relève d’une adaptation à la conjoncture prégnante du marché international, un cadre de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL), contacté par H24Info, confirme cette tendance baissière, sans pour autant donner plus d’explications.

A l’en croire, la conjoncture céréalière internationale n’a jamais été aussi contrastée. D’un côté, des récoltes abondantes, notamment en Europe et dans certains bassins exportateurs, permettent de maintenir une pression baissière sur les prix à court terme. En effet, « les perspectives de bonne production de blé à travers tous les bassins de production et d’export mondiaux pèsent sur les cours du blé sur le marché de Chicago », souligne notre interlocuteur.

De l’autre, le rapport du département de l’Agriculture des Etats-Unis dresse un tableau plus inquiétant : les stocks mondiaux de blé devraient s’établir à 260,1 millions de tonnes à la fin de la campagne 2025/26, soit le niveau le plus bas depuis 2015/16. Une situation qui s’explique par une production mondiale revue à la baisse. « La déprime a de nouveau pris le dessus sur le marché des céréales. Pourtant, rares sont les éléments pouvant altérer le sentiment d’abondance de blé ou de maïs à l’échelle internationale. »

Gestion prudente des achats

C’est dans ce contexte de resserrement global que le Maroc, grand importateur de céréales, adapte sa stratégie. Il faut rappeler que selon les données de la FNCL, le Royaume a importé 5,847 millions de tonnes de céréales entre janvier et juillet 2025, soit une baisse de 11 % par rapport à la même période en 2024. Cette contraction reflète une gestion prudente des achats qui s’inscrit dans un contexte de volatilité structurelle.

Par ailleurs, le Royaume reste tributaire de flux réguliers d’importations. Et ce, malgré l’annonce par le ministère d’une hausse de 41% de sa production céréalière pour la campagne agricole 2024-2025, atteignant 44 millions de quintaux. En effet, « malgré les pluies tardives, la production marocaine de cette année aura peu d’impact sur les importations, eu égard entre autres à la réduction des surfaces cultivées », indiquent nos sources.

Ce contraste souligne la nécessité de poursuivre les efforts en matière d’irrigation, de modernisation des filières et de diversification des origines d’approvisionnement. Aléas climatiques obligent!

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