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Défaillances d’entreprises: Maroc, l’exception dans un monde sous tension en 2026
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Alors que le monde s’apprête à vivre une cinquième année consécutive de hausse des défaillances d’entreprises, le Maroc amorce une décrue inattendue. Selon le dernier rapport d’Allianz Trade publié le 22 avril, le Royaume se distingue par une stabilisation progressive de son tissu économique, loin des turbulences qui frappent l’Europe et l’Amérique du Nord.
Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la flambée des coûts de l’énergie et les perturbations persistantes des chaînes d’approvisionnement, le Maroc semble avoir trouvé un point d’équilibre. Le rapport Global Insolvency Outlook d’Allianz Trade met en lumière une trajectoire singulière: après plusieurs années de records inquiétants, les défaillances d’entreprises commencent enfin à refluer.
À l’échelle planétaire, Allianz Trade anticipe une nouvelle hausse des faillites, estimée à 6 % en 2026, avec une Europe occidentale toujours sous pression et des États‑Unis attendus à +9 %.
Le Maroc, lui, évolue dans une direction opposée. Le royaume figure parmi les rares économies où les défaillances devraient reculer en 2026, selon la cartographie d’Allianz Trade, avant une nouvelle amélioration attendue en 2027. Cette dynamique traduit une phase de normalisation après plusieurs années de tensions post‑Covid.
Parmi les facteurs, l’organisation de la CAN 2025, qui devrait entraîner une hausse notable des arrivées touristiques, agit comme un puissant levier d’activité. Parallèlement, les investissements publics et privés se renforcent dans les secteurs manufacturiers, énergétiques et miniers, soutenant la demande interne et l’emploi.
La politique monétaire prudente de Bank Al‑Maghrib contribue également à cette stabilité, poursuit Allianz Trade. Avec un taux directeur maintenu à 2,25 % fin 2025 et une inflation contenue autour de 1 % en 2026, le Maroc évolue dans un environnement financier plus favorable que celui de nombreuses économies avancées.
Des fragilités persistent
Cette embellie ne doit toutefois pas masquer les vulnérabilités structurelles. Les TPME restent les plus exposées, notamment dans le commerce de détail, l’immobilier et la construction. Les délais de paiement, toujours trop longs, demeurent la première cause de défaillance. À cela s’ajoutent un chômage des jeunes élevé et un secteur informel encore massif, qui limitent la capacité d’absorption des chocs.
Le Maroc apparaît ainsi comme l’un des rares pays à inverser la tendance mondiale. Mais cette position enviable reste fragile. Si les signaux s’améliorent, le tissu entrepreneurial, dominé par les petites structures, devra continuer de naviguer avec prudence dans une économie mondiale sous tension.
