Décès d’un nourrisson dans une crèche de Tanger : deux ans de prison pour la directrice et une employée

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Affaire de la crèche de Tanger : la justice retient la négligence ayant entraîné un décès BO
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La Cour d’appel de Tanger a condamné, mardi 23 avril, la directrice d’une crèche privée et une employée à deux ans de prison ferme chacune, dans une affaire liée au décès d’un nourrisson survenu fin octobre 2025.

Le drame s’est produit au sein d’un établissement situé dans le quartier Bir Chifa (Bni Makada).

Des chefs d’accusation liés à la négligence

Les deux prévenues ont été reconnues coupables de plusieurs faits, notamment :

-mise en danger d’un enfant incapable de se protéger

-abandon dans un lieu inadapté ayant entraîné la mort

-non-dénonciation d’un crime

-ouverture d’un établissement sans autorisation

-absence d’assurance pour les enfants accueillis

La justice a estimé que des manquements graves dans la surveillance et l’encadrement des enfants ont conduit au drame.

Un enchaînement de défaillances

Selon les éléments du dossier, une enfant âgée de 8 ans aurait agressé le nourrisson, provoquant un traumatisme crânien fatal.

Le tribunal a retenu l’incapacité de la direction à assurer une surveillance adéquate, notamment en l’absence d’un encadrement suffisant pour les bébés et d’un contrôle effectif des enfants présents.

Des versions contradictoires

Lors du procès, la directrice a reconnu l’absence d’autorisation et d’assurance, ainsi que des difficultés à garantir une présence continue du personnel encadrant.

De son côté, l’employée a contesté sa responsabilité directe, affirmant qu’elle n’était pas chargée de la salle où les faits se sont produits.

Le procès a également été marqué par un témoignage critique du conjoint de la directrice, mettant en cause la gestion de l’établissement, notamment l’absence de surveillance en temps réel via les caméras.

Débat autour des responsabilités

La défense a soulevé des insuffisances dans l’enquête, notamment l’absence d’audition de certaines employées susceptibles d’éclairer les circonstances du drame.

Elle a également soutenu qu’il s’agissait d’un « accident non intentionnel », en l’absence de volonté criminelle, soulignant que la structure n’avait jamais connu d’incidents similaires auparavant.

Une campagne de contrôle des crèches clandestines a été menée novembre dernier à Tanger au lendemain du décès tragique de Zahra dans une structure non autorisée du quartier Bni Makada.

Une vidéo virale filmée dans la crèche à l’origine du scandale

Selon des sources locales, l’opération a été déclenchée à la suite d’une vidéo devenue virale, montrant une fillette de huit ans maltraitant à plusieurs reprises un bébé, entraînant sa mort. Le drame, survenu mercredi dernier, a provoqué une onde de choc et relancé le débat sur la prolifération anarchique de garderies illégales dans la ville.

Les services du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication à Tanger – seul organisme habilité à délivrer les autorisations d’accueil pour les enfants âgés de 3 mois à 4 ans – ont lancé un recensement des crèches exerçant sans agrément. Cette tâche, reconnue difficile, s’inscrit dans le cadre d’un plan de régularisation et de mise en conformité.

Lire aussi: Tanger: après la mort d’un bébé, les autorités traquent les crèches clandestines

Selon les mêmes sources, les propriétaires de ces établissements non autorisés s’exposent à de lourdes sanctions. L’objectif est de coordonner avec les autorités locales pour prendre des mesures dissuasives, incluant des poursuites judiciaires.

Fermetures en série de crèches non agréées

Le drame a également révélé de graves manquements dans la crèche concernée : installée dans une ruelle étroite, au sein d’un immeuble inachevé, elle accueillait des enfants de tous âges sous un simple permis d’activité commerciale délivré par la commune.

Lire aussi: Crèches privées : vers un encadrement renforcé des autorisations et des normes de sécurité

Les autorités rappellent que les crèches agréées sont soumises à des inspections régulières et doivent respecter les normes strictes fixées par le cahier des charges du ministère. Les licences sont délivrées au niveau central, après vérification des conditions de sécurité, d’hygiène et de qualification du personnel.

La direction régionale du ministère à Tanger avait déjà prononcé plusieurs décisions de fermeture à l’encontre de structures illégales dans divers quartiers de la ville. Ces établissements, selon la même source, “ne remplissaient pas les conditions minimales requises pour la garde d’enfants et mettaient en danger leur sécurité physique et morale”.

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