Le prix Goncourt a été attribué lundi au romancier franco-algérien Kamel Daoud pour son roman…
Affaire Houris» : le parquet demande la relaxe de Kamel Daoud
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Le parquet a requis vendredi la relaxe du romancier franco-algérien Kamel Daoud poursuivi en diffamation, pour une interview dans Le Figaro, par Saâda Arbane, une Algérienne l’accusant d’avoir volé son histoire pour son livre prix Goncourt 2024, « Houris ».
Absent au procès vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris, l’écrivain de 55 ans était poursuivi pour avoir déclaré, au détour d’une longue interview publiée début avril 2025 dans le Figaro, sans mention de Sâada Arbane, qu' »Alger peut déposer plainte contre Kamel Daoud en France ».
Cette Oranaise de 32 ans, rescapée d’un massacre pendant la décennie noire algérienne et ex-patiente de la femme psychiatre de Kamel Daoud, accuse l’auteur d’avoir pillé la tragédie de sa vie pour écrire son livre « Houris », ce qu’il conteste. Mme Arbane a engagé des procédures judiciaires en France et en Algérie sur ce sujet, qui sont encore en cours.
Même si elle n’y est pas désignée nommément, « il ne fait aucun doute que Mme Saâda Arbane est parfaitement identifiable dans les propos tenus par Kamel Daoud » à travers la métonymie « Alger », a soutenu son avocate Colomba Grossi.
« Il s’agit d’une attaque préméditée, organisée, relayée pour jeter du poison sur Mme Arbane après avoir été le prédateur de son intimité et sa vie privée en la présentant comme un agent d’un régime honni », a abondé son confrère William Bourdon.
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Pour l’avocat du Figaro, Christophe Bigot, cette procédure en diffamation est uniquement destinée « à charger la barque » dans le cadre d’une « campagne de communication » dirigée contre « Houris » et son auteur, et d’exercer « une pression judiciaire sur tout média qui donnerait la parole à Kamel Daoud ».
Kamel Daoud « ressent un harcèlement judiciaire en France et en Algérie, une démultiplication des affaires qui a pour seul objet de l’épuiser, de le réduire au silence, de porter atteinte à ses capacités de travail mais aussi financières », a déclaré son avocate Jacqueline Laffont.
La procureure a estimé que la phrase visée relevait de l' »expression d’une opinion » et que Saâda Arbane n’était pas identifiable dans le passage ni qu’il ne lui était imputé un fait précis, nécessaire pour caractériser la diffamation. La décision sera rendue le 8 septembre.
Kamel Daoud a annoncé en avril avoir été condamné à trois ans de prison ferme par un tribunal d’Oran pour avoir abordé la guerre civile algérienne dans « Houris ».
Le tribunal a statué, sans que Kamel Daoud ne soit représenté par un avocat, à la suite d’une plainte déposée par l’Organisation nationale des victimes du terrorisme en Algérie, alors qu’une loi interdit d’évoquer publiquement la décennie noire entre 1992 et 2002.
