Le Maroc, pilier historique et humanitaire de la cause palestinienne

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Une partie de l'aide médicale envoyée par le Maroc à Gaza. Crédit: DR

Le Maroc a toujours manifesté un soutien indéfectible à la cause palestinienne, ancré dans des liens historiques, religieux et culturels profonds. Cette solidarité s’est traduite par des actions diplomatiques, humanitaires et culturelles significatives, renforçant la position du royaume en tant qu’acteur clé dans la défense des droits palestiniens. Analyse de Yassine El Yattioui,  secrétaire général et chercheur associé au Think tank NejMaroc, spécialisé sur les questions de diplomatie, d’intelligence économique et de géopolitique. 

En mars 2024, le Maroc a marqué une étape importante en envoyant 40 tonnes d’aide humanitaire à la bande de Gaza. Cette opération, inédite par son itinéraire, a vu l’aide acheminée par voie terrestre depuis l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv jusqu’au point de passage de Kerem Shalom, reliant Israël à Gaza. Le Maroc a ainsi été le premier pays à utiliser cet itinéraire terrestre pour livrer directement son aide humanitaire aux populations bénéficiaires. Cette initiative a été largement saluée et a démontré la capacité du Maroc à mobiliser des ressources et à naviguer dans des contextes diplomatiques complexes pour soutenir le peuple palestinien.

Le Maroc a également joué un rôle dans les efforts de médiation entre Palestiniens et Israéliens. Sous Hassan II, Rabat a accueilli secrètement des réunions entre représentants israéliens et palestiniens, contribuant ainsi à l’émergence de pistes de dialogue qui ont abouti aux accords d’Oslo en 1993. Cette approche pragmatique s’est poursuivie sous Mohammed VI, qui a soutenu une solution à deux États tout en maintenant des canaux de communication avec les différentes parties impliquées dans le conflit.

Des prises de position diplomatiques constantes du Royaume en faveur des Palestiniens, en soutenant notamment les résolutions onusiennes condamnant l’occupation israélienne et appelant à la création d’un État palestinien sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. Cette posture a été réaffirmée à plusieurs reprises, notamment lors des conflits majeurs comme la première Intifada (1987-1993) et la seconde Intifada (2000-2005), où le royaume a plaidé pour une protection internationale des Palestiniens et un règlement négocié du conflit.

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Parallèlement à ces efforts humanitaires et diplomatiques, le Maroc entretient une relation historique particulière avec Jérusalem, notamment à travers la Porte des Marocains, l’une des entrées de l’esplanade des Mosquées. Cette porte tire son nom du quartier adjacent, habité par des populations originaires du Maghreb, notamment du Maroc, qui se sont installées à Jérusalem après la conquête de la ville par Saladin en 1187. En reconnaissance de leur contribution significative à la libération de la ville, Saladin leur a attribué ce quartier, faisant des Marocains la seule nationalité à être honorée de la sorte à Al Qods.

Cette présence historique est également symbolisée par la Porte des Marocains, établi à la même époque. Ce quartier a été un centre de vie sociale, culturelle et religieuse pour les Marocains de Jérusalem pendant des siècles. Malheureusement, une grande partie de ce quartier a été démolie en 1967, mais la Porte des Marocains demeure un témoignage vivant de cette histoire partagée et de l’engagement du Maroc envers Jérusalem.

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Yassine El Yattioui. ©DR

L’une des manifestations les plus notables de cet engagement est la présidence marocaine du Comité Al Qods, institué en 1975 par l’OCI. Ce comité a pour mission de préserver le statut de Jérusalem et de défendre les droits des Palestiniens dans la ville sainte face aux politiques d’occupation israéliennes. Le choix du roi du Maroc pour présider cette institution n’est pas anodin : il reflète à la fois la place particulière du royaume dans le monde arabo-islamique et la légitimité religieuse de la monarchie chérifienne, qui revendique une filiation avec le prophète Mohammed. Depuis sa création, le Comité Al Qods a mené plusieurs initiatives visant à dénoncer les violations israéliennes.

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Le rôle du Maroc dans la défense des droits palestiniens est également institutionnalisé à travers la présidence du Comité Al Qods par le roi du Maroc. Ce comité, créé en 1975 par l’Organisation de la coopération islamique, a pour mission de préserver le statut de Jérusalem et de soutenir ses habitants face aux défis politiques et socio-économiques. Sous la direction du roi Mohammed VI, le comité a intensifié ses efforts, notamment par le biais de l’Agence Bayt Mal Al Qods, qui finance des projets dans les domaines de la santé, de l’éducation et du logement, contribuant ainsi à améliorer les conditions de vie des Palestiniens à Jérusalem.

En outre, le Maroc a régulièrement condamné les actions unilatérales visant à modifier le statut juridique et historique de Jérusalem. Par exemple, en juillet 2023, le royaume a fermement dénoncé les incursions de certains responsables israéliens dans la mosquée Al Aqsa et son esplanade, réaffirmant son refus de toute action susceptible de nuire aux efforts d’apaisement et appelant au respect du statut établi de la ville sainte.

Ainsi, à travers des actions humanitaires concrètes, une présence historique significative et un engagement diplomatique constant, le Maroc continue de jouer un rôle essentiel dans la défense des droits palestiniens et la préservation du patrimoine arabo-islamique de Jérusalem.

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