Le Maroc perd Ali Hassan, pionnier de la télévision et passionné de cinéma

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Décès de l’animateur Ali Hassan, figure emblématique de la télévision marocaine
© Collage H24Info

Le journaliste et animateur marocain Ali Hassan, de son vrai nom Mohamed El Ouali, est décédé ce lundi matin, laissant derrière lui un héritage audiovisuel marquant, notamment avec son célèbre programme « Cinéma du jeudi ».

Le paysage médiatique marocain est en deuil. Mohamed El Ouali, connu sous le nom d’Ali Hassan, l’un des animateurs les plus emblématiques de la télévision et de la radio marocaines, est décédé dans la matinée de ce lundi 25 août.

Ali Hassan, un pionnier de la médiation culturelle

L’annonce a été faite par le comédien et réalisateur Mohamed Nadif, qui a exprimé sa tristesse dans un message publié sur Facebook : «Triste nouvelle… Ali Hassan nous a quittés ce matin. Véritable pilier de la télévision et de la radio, il aura marqué des générations. Présentateur du journal télévisé en français, animateur de “Ciné-Jeudi” et de l’émission radiophonique “Entr’Acte”, il laisse derrière lui un héritage médiatique précieux. Que son âme repose en paix !»

Ali Hassan a marqué l’histoire de l’audiovisuel marocain par son style unique et sa voix reconnaissable entre mille. Il a présenté pendant des années le journal télévisé en langue française, contribuant à l’essor de l’information télévisée dans le Royaume.

Mais c’est surtout avec ses programmes cultes que son nom restera gravé dans la mémoire des téléspectateurs. Parmi eux, le célèbre magazine « Cinéma du jeudi », rendez-vous incontournable des cinéphiles marocains, ainsi que l’émission radiophonique « Entr’Acte », très suivie par le public.

Dès ses débuts dans les années 1960, Ali Hassan s’est imposé comme l’un des premiers journalistes marocains à considérer le cinéma comme un art à part entière, accessible au grand public. En lançant « Cinéma du jeudi », il a réussi à démocratiser la critique cinématographique, à vulgariser les grandes œuvres et à les rendre compréhensibles pour tous, loin des cercles élitistes. Cette approche novatrice a permis à de nombreux Marocains de découvrir des chefs-d’œuvre du cinéma mondial, à une époque où l’accès aux salles obscures était limité.

Un parcours riche et diversifié

Entré à la télévision publique en 1964, Ali Hassan a très vite marqué les esprits par son style sobre, son éloquence et sa capacité à expliquer des concepts complexes de manière simple.

Outre son rôle de critique, il a aussi exercé comme comédien, apparaissant dans plusieurs films emblématiques du cinéma marocain, dont « Ibn Al Sabil » de Mohamed Abderrahmane Tazi, « Afghanistan, pourquoi ? » d’Abdellah Mesbahi, « Al Hajj Mokhtar Assouildi » de Mostafa Derkaoui et « Al Ahrar » d’Ismaïl Farroukhi.

Il a également collaboré avec le cinéaste algéro-français Mahmoud Zemmouri dans deux courts-métrages, et prêté sa voix à de nombreuses doublages en langue française, notamment pour des films, séries et documentaires. Parmi ses contributions marquantes, la narration de la “Revue des actualités filmées” produite par le Centre cinématographique marocain (1973-1982).

Un acteur de la politique culturelle

Au-delà du petit écran, Ali Hassan a joué un rôle actif dans la promotion de la culture et du cinéma au Maroc. Conseiller auprès du ministre de la Communication de 1998 à 2000, il a contribué à la réflexion sur les politiques audiovisuelles nationales.

Son expertise a été sollicitée dans plusieurs instances culturelles, notamment comme:

-Président du jury presse au Festival du cinéma francophone d’Essaouira (2004),

-Membre de la Commission d’aide à la production cinématographique (2012-2014),

-Juré dans la compétition des longs-métrages au Festival du cinéma maghrébin d’Alger (2013).

Ces engagements témoignent de son rôle structurant dans la professionnalisation de la critique et dans la défense d’un cinéma marocain ambitieux.

Un héritage médiatique indélébile

Ali Hassan était bien plus qu’un présentateur. Il était un passeur de culture, un passionné de cinéma et un chroniqueur de la modernité marocaine. Par son travail, il a façonné le goût du public et offert une fenêtre sur le monde à travers la télévision nationale.

Sa disparition représente une perte immense pour la scène médiatique marocaine, déjà orpheline de plusieurs figures emblématiques ces dernières années.

Les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux, où collègues, artistes et téléspectateurs expriment leur gratitude et leurs souvenirs d’une époque où la télévision était « un moment sacré en famille ».

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