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Plateau et Riviera: faux espoir d’inscription au patrimoine, mais vraie richesse architecturale de Casablanca (vidéo)
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Il y’a quelques jours, une annonce avait fait sensation dans les médias et sur les réseaux sociaux: deux quartiers historiques de Casablanca, Plateau et Riviera, allaient être inscrits au patrimoine architectural de la ville. Une information démentie par l’association Casamémoire que nous avons sollicité pour clarifier la situation.
Cette nouvelle s’est rapidement répandue, suscitant l’enthousiasme des habitants et des défenseurs du patrimoine. Cependant, l’information s’est révélée inexacte, comme l’a confirmé l’association Casamémoire, spécialisée dans la préservation du patrimoine de Casablanca et reconnue pour son expertise en la matière. À la suite d’un démenti formel, ses représentants nous ont invités à une visite guidée des quartiers concernés, afin de mieux comprendre leur véritable statut patrimonial et les enjeux liés à leur conservation.
Mahja Nait Barka, secrétaire générale de Casamémoire précise: « Malheureusement, ce n’est pas encore le cas, aucun des quartiers mentionnés n’a été officiellement inscrit au patrimoine pour le moment, bien que des discussions sur leur préservation existent. » Elle a également annoncé que des projets de réhabilitation et de préservation étaient en cours, mais que ces initiatives ne correspondaient pas à un processus d’inscription officiel.
Selon la secrétaire générale de Casamémoire, l’association milite activement pour l’inscription de ces quartiers, qui demeurent des symboles importants de l’architecture de Casablanca des années 50.
Plateau
Le premier arrêt de notre visite fut le quartier Plateau, un lieu où l’architecture art déco se mêle à des influences modernes. Ce quartier témoigne de l’histoire de Casablanca dans les années 50, période charnière de la ville.
En 1957, les architectes Gaston Jaubert et Pierre Coldefy conçoivent, de part et d’autre de l’Avenue Stendhal, l’un des premiers exemples d’habitat collectif économique au Maroc post-Indépendance.
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Le projet, qui a remporté un concours lancé par le Ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, consistait en la construction de la cité Plateau, composée d’une vingtaine de barres de quatre étages et d’une gigantesque barre incurvée de cinq étages, comprenant 262 appartements orientés est-ouest. Ce projet visait à répondre à la pénurie de logements à Casablanca et à offrir une solution à grande échelle aux Marocains à faible revenu. Pour ce faire, des techniques de construction innovantes, telles que l’utilisation du béton préfabriqué, ont été mises en œuvre.
Aujourd’hui, le quartier Plateau conserve des traces de son passé: au pied de la barre monumentale et de la mosquée, un petit marché très fréquenté s’est installé, et certains espaces autour des immeubles ont été transformés en jardins privatifs.
Riviera
La visite s’est poursuivie dans le quartier Riviera, un autre exemple marquant de l’architecture des années 50. Entre 1953 et 1955, l’architecte Alexandre Courtois, président de l’Ordre des Architectes du Maroc et fondateur de la revue L’Architecture marocaine, a été mandaté par l’Omnium Technique de l’Habitat (OTH) pour répondre à la demande croissante de logements pour les familles européennes modestes.
Ainsi est née la Cité Riviera, composée de 400 appartements classés HBM (Habitat Bon Marché), avec des surfaces variées, allant du studio pour célibataires à l’appartement familial de cinq pièces. Ce projet inclut également 33 petites villas, garantissant ainsi une certaine mixité sociale.
La Cité Riviera se distingue par son système de claustras, qui permet d’assurer l’éclairage et la ventilation des cages d’escalier tout en offrant une grande unité architecturale. Le quartier comprend également un marché circulaire spectaculaire, une école, des garages, et des espaces verts qui lui confèrent une atmosphère de cité-jardin. Les noms des rues, telles que la Rue des Coccinelles, Rue des Flamands ou encore Rue des Libellules, évoquent l’ambiance bucolique du lieu.
Les arbres plantés, comme les eucalyptus, palmiers, ficus et jacarandas, respectent la palette végétale préconisée par le paysagiste Jean-Claude Nicolas Forestier et qui était couramment utilisée dans le Maroc du Protectorat. Ces espèces, particulièrement résistantes et nécessitant peu d’entretien, sont en grande partie originaires d’Amérique du Nord ou du Sud.
