SIEL 2025: hommage à l’écrivain Mbarek Rabii

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Un hommage a été rendu au parcours intellectuel authentique et renouvelé de l’écrivain marocain Mbarek Rabii, lors d’une rencontre initiée samedi dans le cadre de la 30e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL).

Les différents participants ont revisité, à cette occasion, des étapes phares du parcours de Mbarek Rabii, un romancier hors pair qui a su marqué le paysage littéraire marocain et arabe, avec un riche corpus composé de pas moins de 18 romans, 5 ouvrages de réflexion, 7 recueils de nouvelles et 5 autres destinés à la jeunesse.

Selon le critique et universitaire Mohamed Dahi, l’écrivain a fait du recours à l’expérimentation non pas une simple quête formelle, mais une voie de renouveau de l’écriture narrative, mettant en avant la régularité et la constance de sa production, étalée sur près de six décennies et marquée par une recherche continue d’innovation dans le récit.

Même son de cloche chez le critique Abdelmajid Noussi qui a salué, à son tour, un parcours exceptionnel qui fait montre d’une créativité perpétuelle, entamé en 1969 avec la publication du recueil de nouvelles « Sidna Qadar », à une époque où de nombreux écrivains s’étaient éloignés de la scène littéraire ou publiaient rarement.

Né en 1935 dans la région de Settat, Mbarek Rabii a accompagné l’évolution littéraire tant sur le plan des formes que des outils d’écriture. Pour M. Noussi, son roman « Le vent d’hiver » (1977) témoigne de sa maîtrise des bases de la narration, notamment sur le plan de la poésie du langage. Il a ensuite poursuivi son œuvre à travers une écriture expérimentale intégrant le mythe dans « Badr Zamanihi » (1984), jusqu’à une construction des personnages fondée sur la mémoire et le rêve dans le roman « Rouge, Noir ».

Lire aussi. Livre: la 30e édition du SIEL du 17 au 27 avril 2025 à Rabat

Le critique a également salué l’intérêt constant de l’auteur pour le renouvellement des techniques narratives, notamment lors de la phase de l’écriture urbaine, où la ville de Casablanca devient un espace romanesque par excellence. Commentant cette quête minutieuse de l’espace, M. Noussi s’est, particulièrement, arrêté sur la trilogie « Derb Soltane », qui plonge dans la géographie singulière de la métropole casablancaise.

Pour sa part, Mbarek Rabii, dont plusieurs œuvres figurent dans les programmes scolaires, a exprimé sa gratitude pour cet hommage, affirmant que la langue est pour l’écrivain une palette de couleurs à travers laquelle il peint les postures de ses personnages.

S’agissant de la relation entre création littéraire et critique, il a souligné que l’écrivain est un artisan de valeurs esthétiques, lors que le critique est invité à en découvrir la richesse.

À noter que Mbarek Rabii, dont le premier roman « Les gens de bien » a été publié en 1972, a occupé le poste de doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines Ben M’sik. Il est récipiendaire de plusieurs prix, dont le Prix du Maroc du livre, le Prix Sultan Qaboos du roman et le Prix Mohamed Zafzaf du roman arabe.

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