​Skhirat : Voici à quoi ressemblait notre ancêtre d’il y a 6400 ans

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Skhirat

Grâce aux travaux de l’organisation Ancestral Whispers, les traits d’une femme ayant vécu au Néolithique sur le site de Skhirat-Rouazi ont pu être reconstitués. Entre archéogénétique et anthropologie, plongée dans l’intimité d’une ancêtre qui bouscule notre regard sur la préhistoire du Royaume.

C’est un regard qui traverse les millénaires. À partir des restes squelettiques du spécimen répertorié sous le code SKH001, les spécialistes d’Ancestral Whispers ont dévoilé le visage d’une femme ayant foulé le sol de Skhirat il y a environ 6 400 ans. Cette reconstitution faciale, d’un réalisme saisissant, redonne une humanité à celle qui reposait dans la nécropole de Skhirat-Rouazi, l’un des sites les plus emblématiques du Néolithique moyen au Maroc.

La découverte de SKH001 ne date pas d’hier, mais l’analyse détaillée de sa mise en terre révèle un rituel funéraire complexe. Retrouvée en position allongée sur le dos, la tête légèrement inclinée vers le nord-est, cette femme de 158 cm a été inhumée avec un soin particulier. Ses membres inférieurs étaient fortement fléchis, les talons touchant presque les fessiers, une disposition probablement imposée par l’étroitesse de la fosse.

L’aspect le plus fascinant réside dans les objets l’accompagnant vers l’au-delà : quatre récipients en céramique ont été identifiés. Si l’un d’eux trônait intact sur son bassin, les trois autres semblent avoir été brisés intentionnellement avant d’être déposés autour de son abdomen. Un galet, déposé près de son coude gauche, complète cet inventaire qui témoigne d’un système de croyances déjà structuré.

Un puzzle génétique entre Orient et Maghreb

Au-delà de son apparence physique, c’est l’ADN de SKH001 qui passionne les chercheurs. Les analyses paléogénétiques révèlent que cette femme appartenait à l’haplogroupe mitochondrial M1a1b.
Son profil autosomal dresse le portrait d’une population issue de brassages profonds. Si son ascendance est majoritairement composée de lignées proches des populations du Levant (Néolithique) et des Natoufiens, elle porte également en elle une composante locale ibéromaurusienne.
Cette signature génétique confirme que le Maroc de l’époque était déjà un carrefour de migrations et d’influences. Loin d’être isolées, les populations de Skhirat s’inscrivaient dans une dynamique méditerranéenne et continentale dynamique.

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En publiant cette reconstruction, Ancestral Whispers ne se contente pas de livrer une donnée scientifique ; l’organisation offre aux Marocains un miroir sur leur propre histoire. Ce visage, aux traits fins et au regard profond, nous rappelle que derrière les fragments de poteries et les sédiments limoneux rougeâtres de Skhirat, battait le cœur d’une société organisée, ancrée dans son territoire et déjà ouverte sur le monde. Ue preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que l’histoire du Maroc ne commence pas avec l’écrit, mais plonge ses racines dans les millénaires de terre et de pierre.

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