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« Un simple accident » de l’Iranien Jafar Panahi reçoit la Palme d’or à Cannes
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Le cinéaste et dissident iranien Jafar Panahi a reçu la Palme d’or à Cannes samedi pour son film « Un simple accident », tourné en clandestinité.
Le cinéaste de 64 ans a pu se rendre à Cannes pour la première fois depuis 15 ans et recevoir son prix, décerné par la présidente du jury Juliette Binoche.
FLOW wins Best International Film at the @filmindependent #SpiritAwards! Congratulations to @gintszilbalodis and the whole team! pic.twitter.com/obHkxIY21Q
— Sideshow (@asideshowfilm) February 23, 2025
« Lorsque la République islamique emprisonne un artiste, (…) on lui donne une matière, des idées », a lancé mercredi à Cannes le cinéaste dissident iranien Jafar Panahi, les autorités doivent « en assumer les conséquences ».
« Pour moi, c’est absurde et surréaliste ! », a-t-il déclaré en conférence de presse, après avoir pu présenter la veille son film en forme de défi au pouvoir, « Un simple accident », en personne au festival pour la première fois depuis quinze ans.

Le long-métrage se nourrit des récits de prisonniers politiques qui ont passé des dizaines d’années sous les verrous et avec lesquels Jafar Panahi, incarcéré à deux reprises en Iran (86 jours en 2010, près de sept mois entre 2022 et 2023), a partagé une cellule collective pendant un temps.
« Comment peut-on mettre un artiste en prison et ne pas comprendre ce que cela signifie ? », s’est-il interrogé en farsi, selon la transcription simultanée réalisée par le festival. « Quand on le met en prison, on lui tend une perche, on lui donne une matière, des idées, on lui ouvre un monde nouveau. »
« Un simple accident, ce n’est pas nous qui l’avons fait, c’est la République islamique », a poursuivi le réalisateur de 64 ans.
« Lorsque la République islamique emprisonne un artiste, elle doit en assumer les conséquences. Avec les possibilités technologiques qui existent aujourd’hui, aucun pouvoir ne peut empêcher un artiste de travailler », a-t-il ajouté, soulignant que son co-scénariste Mehdi Mahmoudian, détenu, ressortira « de prison avec des dizaines d’idées de scénarios ».
Jafar Panahi, qui a tourné son film sans autorisation, a raconté que la situation était « devenue plus compliquée » lorsque sa sélection à Cannes a été annoncée en avril et que plusieurs membres de son équipe ont été arrêtés.
Malgré la pression, « c’était nous qui avions la carte gagnante puisque le film existait. Ils ne pouvaient plus rien faire », a-t-il conclu.
