« Un simple accident » de l’Iranien Jafar Panahi reçoit la Palme d’or à Cannes

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Un simple accident, Jafar Panahi, Cannes, Palme d'Or
Le réalisateur irakien Hasan Hadi (à gauche) et le réalisateur, scénariste et producteur iranien Jafar Panahi posent sur scène lors de la cérémonie de clôture de la 78e édition du Festival de Cannes, dans le sud de la France, le 24 mai 2025. (Photo de Sameer AL-DOUMY / AFP)

Le cinéaste et dissident iranien Jafar Panahi a reçu la Palme d’or à Cannes samedi pour son film « Un simple accident », tourné en clandestinité.

Le cinéaste de 64 ans a pu se rendre à Cannes pour la première fois depuis 15 ans et recevoir son prix, décerné par la présidente du jury Juliette Binoche.

« Lorsque la République islamique emprisonne un artiste, (…) on lui donne une matière, des idées », a lancé mercredi à Cannes le cinéaste dissident iranien Jafar Panahi, les autorités doivent « en assumer les conséquences ».

« Pour moi, c’est absurde et surréaliste ! », a-t-il déclaré en conférence de presse, après avoir pu présenter la veille son film en forme de défi au pouvoir, « Un simple accident », en personne au festival pour la première fois depuis quinze ans.

Un simple accident, Cannes

Le long-métrage se nourrit des récits de prisonniers politiques qui ont passé des dizaines d’années sous les verrous et avec lesquels Jafar Panahi, incarcéré à deux reprises en Iran (86 jours en 2010, près de sept mois entre 2022 et 2023), a partagé une cellule collective pendant un temps.

« Comment peut-on mettre un artiste en prison et ne pas comprendre ce que cela signifie ? », s’est-il interrogé en farsi, selon la transcription simultanée réalisée par le festival. « Quand on le met en prison, on lui tend une perche, on lui donne une matière, des idées, on lui ouvre un monde nouveau. »

« Un simple accident, ce n’est pas nous qui l’avons fait, c’est la République islamique », a poursuivi le réalisateur de 64 ans.

« Lorsque la République islamique emprisonne un artiste, elle doit en assumer les conséquences. Avec les possibilités technologiques qui existent aujourd’hui, aucun pouvoir ne peut empêcher un artiste de travailler », a-t-il ajouté, soulignant que son co-scénariste Mehdi Mahmoudian, détenu, ressortira « de prison avec des dizaines d’idées de scénarios ».

Jafar Panahi, qui a tourné son film sans autorisation, a raconté que la situation était « devenue plus compliquée » lorsque sa sélection à Cannes a été annoncée en avril et que plusieurs membres de son équipe ont été arrêtés.

Malgré la pression, « c’était nous qui avions la carte gagnante puisque le film existait. Ils ne pouvaient plus rien faire », a-t-il conclu.

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