Aadel Benyoussef: «Le Maroc a pris la bonne direction en matière d’IA souveraine»

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Aadel Benyoussef
Aadel Benyoussef, expert IA, cadre à Numpost France

Aadel Benyoussef fait partie de ces millions de talents marocains qui foisonnent à travers le monde, apportant une contribution significative dans leur pays de résidence. Rencontré lors du dernier Vivatech à Paris, il a salué la dynamique en cours côté marocain et suggéré des voies d’accélération possibles.

La dynamique marocaine en matière d’IA sous la coupole d’Amal Seghrouchni est une dynamique d’accélération. Ce n’est pas nous, mais Aadel Benyoussef qui le dit. Ce dernier est responsable de la stratégie GoToMarket IA et Data à NumSpot, une structure satellite de la Caisse des dépôts française, en charge de conduire l’une des opérations de digitalisation les plus stratégiques des actifs français.

Cet expert voit d’un très bon œil le choix opéré par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration de décentraliser la proposition de valeur, à savoir créer des hubs à travers le Maroc via le réseau Jazari pour développer des solutions locales. Il évoque à ce titre les diverses initiatives lancées par le Royaume, notamment l’IA Made-in-Morocco, le projet RamadanIA, et le Rally AI, dernier en date organisé plus récemment.

Au cœur du système hexagonal, ce fin connaisseur des exigences en matière de numérique se dit prêt à apporter sa contribution à ce qui est en train de se bâtir au Maroc. Sans fioriture aucune, il exprime son vif souhait de «continuer à participer pour bien comprendre les besoins du Maroc et être en mesure d’y répondre avec les meilleurs transferts de technologie et surtout avec l’expérience qu’on a acquise ici».

Aadel Benyoussef, acteur et actif

Dans son intervention, Aadel Benyoussef insiste sur le caractère structurant de ces initiatives. Pour lui, la décentralisation des hubs et la collecte des besoins locaux via des initiatives comme IA Made in Morocco,  RamadanIA, et Ralyy AI Future Labs, constituent une approche pragmatique : «il s’agit de résoudre les problèmes locaux avec de la technologie, en bâtissant des solutions adaptées aux réalités de chaque territoire». Cette logique, dit-il, est en phase avec les standards internationaux de souveraineté numérique.

Ce sachant rappelle également que le Maroc a franchi une étape décisive en signant un mémorandum de collaboration avec Mistral et le ministère de la Transition numérique pour créer un centre de R&D au Maroc. «Tout ceci rentre dans le cadre global de livraison d’une IA souveraine, et nous y participons activement», souligne-t-il.

Lire aussi. VivaTech 2026 : les talents MRE font rayonner la Tech marocaine à Paris

Pour l’expert, l’expérience française du déploiement de Mistral auprès de milliers d’agents publics peut servir de modèle au Maroc. «C’est un proof of concept réel de l’exploitation d’une IA souveraine. Le Maroc peut s’en inspirer pour bâtir ses propres solutions et renforcer sa souveraineté numérique».

Au-delà des projets déjà lancés, il insiste sur la nécessité de bâtir une infrastructure robuste et sécurisée, capable d’héberger des solutions open source et de garantir la transparence des algorithmes. «Le Maroc mise sur une IA souveraine. Cela suppose des choix clairs en matière de technologie, de sécurité et de gouvernance »

En définitive, Aadel Benyoussef voit dans la dynamique actuelle un tournant stratégique : «le Maroc a pris la bonne direction. Il s’agit maintenant de consolider cette dynamique, d’assurer la continuité des projets et de bâtir une souveraineté numérique durable».

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